
L’essentiel à retenir
- Ascalon est le nom antique d’Ashkelon, ville côtière d’Israël à 12 km au nord de Gaza.
- C’est l’une des cités habitées les plus anciennes du monde, avec plus de 5 000 ans d’histoire.
- La ville moderne a été fondée en 1955 après le départ de la population arabe de Majdal en 1948-1950.
- Ashkelon compte environ 160 000 habitants et possède un patrimoine archéologique exceptionnel.
Ascalon, c’est le nom antique de ce qu’on appelle aujourd’hui Ashkelon en Israël, une ville côtière du district sud, à environ 55 km au sud de Tel Aviv et à seulement 12 km au nord de la frontière avec Gaza. Cette cité millénaire figure parmi les lieux habités en continu les plus anciens du monde, avec une histoire qui remonte à plus de 5 000 ans. Qu’il s’agisse des Philistins, des croisés, des Arabes de Majdal ou des immigrants juifs du XXe siècle, chaque époque a laissé une empreinte durable sur ce bout de côte méditerranéenne.
D’où vient le nom « Ascalon » ?
Le nom Ascalon — ou Ashkelon dans sa forme hébraïque moderne — plonge ses racines dans un passé sémitique très lointain. L’étymologie exacte reste débattue parmi les historiens, mais plusieurs pistes sérieuses ont été avancées. La théorie la plus connue relie le nom à la racine sémitique שקל (sheqel), liée à l’idée de peser ou de commerce. D’autres chercheurs voient dans ce mot une référence à un terme cananéen signifiant « feu » ou « migration ».
Ce qui est certain, c’est que le nom a traversé les siècles presque intact. Les Égyptiens mentionnaient déjà la cité sous le nom Asqaluna dans des textes datant du IIe millénaire avant notre ère. Les Grecs et les Romains l’ont ensuite latinisée en Ascalon, forme que l’on retrouve dans les chroniques des croisades. En arabe, la ville s’écrivait عسقلان (Asqalan), et l’on retrouve cette racine dans plusieurs langues européennes à travers un mot inattendu : l’échalote, dont le nom latin Ascalonia cepa signifie littéralement « oignon d’Ascalon ».
Ce légume très prisé dans la cuisine du Proche-Orient aurait été introduit en Europe depuis les marchés d’Ascalon. C’est un exemple parmi d’autres de la façon dont cette ville d’Israël a marqué la culture mondiale bien au-delà de ses frontières régionales.
L’histoire ancienne d’Ascalon : de Canaan à l’Égypte pharaonique
Les premières traces d’occupation humaine sur le site d’Ascalon remontent au IVe millénaire avant notre ère. Des fouilles archéologiques menées dans le parc national ont mis au jour des couches successives de civilisations : des artéfacts cananéens, des céramiques égyptiennes et des structures qui témoignent d’une activité portuaire très ancienne. La position géographique de la ville, sur la côte méditerranéenne entre l’Égypte au sud et la Syrie au nord, en a fait dès l’Antiquité un carrefour commercial incontournable.
Pendant la période des Hyksôs, puis sous la domination directe des pharaons du Nouvel Empire, Ascalon était une cité sous influence égyptienne. Les lettres d’Amarna, datant du XIVe siècle avant notre ère, mentionnent la ville comme l’un des points d’appui de l’administration égyptienne au Levant. Le pharaon Ramsès II lui-même évoque la conquête de la cité dans l’inscription du temple de Karnak, témoignage précieux de l’importance stratégique d’Ascalon pour l’Égypte ancienne.
Vers 1175 avant notre ère, les Peuples de la Mer déferlèrent sur la côte levantine, et les Philistins s’installèrent dans la région. Ascalon devint alors l’une des cinq villes principales de la confédération philistine, aux côtés de Gaza, Ashdod, Gath et Ekron. La Bible hébraïque cite Ascalon plusieurs fois, notamment dans le livre des Juges et dans les lamentations de David : « Ne l’annoncez pas dans Gath, ne le publiez pas dans les rues d’Ascalon ».
Après la chute de la puissance philistine, la ville passa successivement aux mains des Assyriens, des Babyloniens, des Perses puis des Grecs sous Alexandre le Grand. La période hellénistique fut prospère pour Ascalon : la cité obtint le statut de ville libre sous les Séleucides, frappant sa propre monnaie et développant une vie culturelle et commerciale intense. C’est à cette époque qu’y serait né le philosophe Antiochos d’Ascalon, fondateur de ce qu’il appelait l’Ancienne Académie.
Ascalon sous Rome et Byzance : l’apogée antique
La période romaine marqua un nouvel apogée pour la ville. Hérode le Grand, roi de Judée, y aurait été né selon certaines sources antiques, et il fit construire à Ascalon des bains publics, des fontaines et des colonnades dont on admire encore les vestiges dans le parc national. La ville prospéra comme port actif sur la route entre Rome et l’Égypte, avec une population diverse mêlant Grecs, Juifs, Arabes nabatéens et Romains.
Avec la montée du christianisme, Ascalon devint une cité byzantine importante. Des basiliques y furent érigées, et la ville s’intégra dans le réseau des évêchés de Palestine. La conquête arabo-islamique au VIIe siècle de notre ère transforma profondément le visage de la région. Ascalon devint une forteresse stratégique que les califes omeyyades, puis abbassides, fortifièrent soigneusement en raison de sa position face à l’Égypte.
Sous la domination fatimide, la ville prit une importance militaire considérable. Les Fatimides en firent une base avancée face aux croisés qui venaient de s’emparer de Jérusalem en 1099. La bataille d’Ascalon, livrée le 12 août 1099, opposa les croisés de Godefroi de Bouillon aux troupes fatimides venues d’Égypte. Les croisés remportèrent la victoire, mais ne prirent pas la ville immédiatement.
Ascalon au temps des croisades : un enjeu stratégique majeur
La cité résista aux croisés pendant plus de cinquante ans. Ce n’est qu’en 1153 que les troupes du royaume de Jérusalem, sous Baudouin III, réussirent à s’en emparer après un long siège. Ascalon devint alors un comté du royaume latin d’Orient, et les croisés y construisirent des fortifications imposantes dont des pans subsistent encore aujourd’hui. La ville changea plusieurs fois de mains entre croisés et armées musulmanes au fil des décennies.
En 1187, Saladin, sultan ayyoubide d’Égypte et de Syrie, reprit Ascalon après sa victoire décisive à la bataille de Hattin. Quelques années plus tard, lors de la troisième croisade, Richard Cœur de Lion tenta de reconquérir la ville et y fit reconstruire les remparts en 1192 pour en faire une base d’attaque vers Jérusalem. La paix conclue avec Saladin contraignit les croisés à démanteler eux-mêmes ces fortifications avant de partir.
Le sultan mamelouk Baybars mit fin à la présence croisée dans la région au XIIIe siècle. Il ordonna la destruction d’Ascalon en 1270 pour éviter qu’elle ne serve de tête de pont à de futures invasions venues de la mer. La ville ne retrouva jamais son rang de cité importante sous l’Empire ottoman, qui gouverna la région à partir de 1517. Le site d’Ascalon resta largement en ruines, et un modeste village se développa à l’écart des anciens remparts.
Majdal : la ville arabe à l’emplacement d’Ascalon
À l’époque ottomane et sous le mandat britannique (1920-1948), le principal centre de population dans la région était Majdal — aussi écrit Majdal Asqalan —, un bourg arabophone situé à quelques kilomètres au nord-est du site antique. Majdal était une ville essentiellement agricole et artisanale, connue pour sa production de tissus à rayures colorées, très appréciés dans tout le Levant et exportés jusqu’en Égypte.
En 1945, la population de Majdal était estimée à environ 11 000 habitants arabes, en majorité musulmans. La ville faisait partie du district de Gaza sous l’administration britannique. Lors de la guerre israélo-arabe de 1948, les combats touchèrent la région de plein fouet. Les forces israéliennes prirent le contrôle de Majdal en novembre 1948, et la grande majorité de la population arabe quitta la ville, soit pendant les combats, soit dans les mois qui suivirent.
Entre 1948 et 1950, les derniers habitants arabes de Majdal furent progressivement transférés vers Gaza, alors sous contrôle égyptien. Cette population, ainsi que leurs descendants, constituent aujourd’hui une partie importante de la population palestinienne de Gaza. Beaucoup conservent la clé symbolique de leur maison de Majdal comme mémoire de leur origine. Le nom Majdal reste gravé dans l’identité de nombreuses familles gazaouies, transmis de génération en génération.
Les Palestiniens et Ascalon : une mémoire entre Gaza et diaspora
La question du lien entre les Palestiniens et Ascalon reste une dimension essentielle pour comprendre la complexité de la ville. Des dizaines de milliers de réfugiés palestiniens et leurs descendants, qui vivent aujourd’hui à Gaza, en Cisjordanie ou dans la diaspora, sont originaires de Majdal et des villages environnants. Depuis Gaza, à seulement 12 km au sud d’Ashkelon, la cité reste visible par temps clair, ce qui entretient un rapport émotionnel très fort à ce lieu.
Les conflits armés récurrents entre Israël et Gaza ont régulièrement placé Ashkelon sous les feux des projecteurs. La ville a subi des tirs de roquettes lors de plusieurs offensives, notamment en 2014, 2021 et de manière dramatique lors des événements du 7 octobre 2023 et de la guerre qui a suivi. Ces conflits ont ravivé pour beaucoup le souvenir de Majdal et du lien historique entre les habitants de Gaza et cette partie du territoire israélien.
En 2026, la reconstruction de Gaza et l’avenir de la bande côtière restent des questions pendantes sur la scène internationale. Ashkelon, de son côté, s’efforce de se projeter vers l’avenir tout en portant le poids d’une histoire complexe que ses habitants ont appris à intégrer à leur propre récit. Le souvenir de Majdal n’est pas seulement une question palestinienne : il fait partie du tissu mémoriel de toute la région.
Ashkelon aujourd’hui : une ville côtière en plein développement
La ville moderne d’Ashkelon a été officiellement fondée en 1955 sur les terres de l’ancienne Majdal et à proximité du site archéologique d’Ascalon. Elle a grandi rapidement grâce à l’afflux d’immigrants juifs venus d’Europe, d’Afrique du Nord, d’Éthiopie et d’ex-URSS. Aujourd’hui, Ashkelon compte environ 160 000 habitants et constitue l’une des principales villes du district sud d’Israël, loin devant la plupart des autres localités de la région.
La ville offre un visage résolument moderne avec ses quartiers résidentiels, ses centres commerciaux, ses plages aménagées et son port industriel. Elle abrite une centrale électrique importante qui alimente une grande partie du sud d’Israël. L’économie locale repose sur l’industrie, le tourisme balnéaire et les services. Le site archéologique, le parc national d’Ashkelon, attire chaque année des dizaines de milliers de visiteurs israéliens et étrangers curieux de découvrir les traces d’Ascalon.
Sur le plan éducatif et culturel, Ashkelon possède des institutions importantes, dont un collège académique et plusieurs musées. La vie culturelle y est dynamique, avec des festivals de musique, des expositions d’art et un théâtre municipal actif. La corniche maritime, réaménagée ces dernières années, est devenue un espace de promenade apprécié des habitants. La ville aspire à développer son attractivité touristique en mettant en valeur son patrimoine archéologique exceptionnel, héritage direct de l’antique Ascalon.
Les sites et monuments incontournables d’Ascalon
Le parc national d’Ashkelon, qui occupe l’emplacement de l’antique Ascalon, est le principal site à visiter dans la région. Ouvert à l’année, il permet de déambuler parmi des vestiges impressionnants qui s’étendent sur plusieurs hectares face à la mer Méditerranée. Les fouilles archéologiques y sont menées depuis des décennies par des équipes internationales, et chaque saison apporte son lot de découvertes qui enrichissent notre connaissance du Proche-Orient ancien.
- Les colonnes romaines : une série de colonnes de marbre dressées au bord des falaises, vestiges d’un édifice public de l’époque romaine, offrent une vue spectaculaire sur la Méditerranée.
- Le Bouleutérion : les restes d’un bâtiment public hellénistique où se réunissaient les assemblées de citoyens de la cité antique, témoignage de la vie démocratique de l’Ascalon grecque.
- Les remparts croisés : des sections des murailles construites par les croisés au XIIe siècle permettent d’imaginer la puissance défensive de la ville médiévale.
- La statue de Victoire : une statue romaine de la déesse Victoire découverte lors des fouilles est aujourd’hui exposée au musée d’Israël à Jérusalem, mais des répliques sont visibles sur place.
- Les nécropoles : des tombes cananéennes, philistines et romaines ont été mises au jour sur le site, offrant une plongée dans les pratiques funéraires de chaque époque.
- La plage du parc : une portion de côte préservée incluse dans le périmètre du site archéologique permet de comprendre pourquoi cette cité a toujours été un point stratégique en bord de mer.
En dehors du parc national, la ville d’Ashkelon possède un musée municipal qui retrace l’histoire locale depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Des galeries d’art contemporain et un centre-ville animé complètent l’offre culturelle. Pour les visiteurs qui souhaitent approfondir leur connaissance de l’histoire de la région, Ashkelon constitue une étape incontournable entre Tel Aviv et le Néguev.
Tableau comparatif : Ascalon à travers les grandes époques
| Époque | Nom de la ville | Puissance dominante | Caractéristique principale |
|---|---|---|---|
| IVe millénaire av. J.-C. | Asqaluna | Cananéens / Égypte | Port commercial et agricole |
| XIIe–Xe s. av. J.-C. | Ashqelon philistine | Philistins | L’une des cinq cités de la confédération philistine |
| IVe–Ier s. av. J.-C. | Ascalon hellénistique | Séleucides (ville libre) | Ville autonome frappant sa propre monnaie |
| Ier–IVe s. ap. J.-C. | Ascalon romaine | Empire romain | Port actif, architecture monumentale, lien avec Hérode |
| VIIe–XIe siècles | Asqalan islamique | Califats omeyyades, Fatimides | Forteresse stratégique face à l’Égypte |
| XIIe–XIIIe siècles | Ascalon croisée | Croisés / Ayyoubides / Mamelouks | Enjeu militaire majeur, détruite en 1270 |
| XVIe–XXe siècles | Majdal / Majdal Asqalan | Ottomans / Britanniques | Ville arabe réputée pour ses tisserands, district de Gaza |
| 1955–aujourd’hui | Ashkelon | État d’Israël | Ville moderne de ~160 000 habitants, district sud |
Les jumelages d’Ashkelon avec le monde
Comme de nombreuses villes israéliennes, Ashkelon a développé des liens de jumelage avec des villes du monde entier, cherchant à tisser des ponts diplomatiques, culturels et économiques par-delà les frontières. Ces jumelages témoignent de la volonté de la ville de s’inscrire dans un réseau international malgré les tensions géopolitiques qui affectent régulièrement la région. Parmi ses partenaires, on compte des villes américaines, européennes et africaines avec lesquelles des échanges scolaires et artistiques sont organisés régulièrement.
Ces partenariats se concrétisent par des programmes d’échanges entre jeunes, des coopérations dans le domaine de la gestion urbaine et des projets culturels communs. En 2026, certains jumelages ont cependant été mis en veille par des municipalités étrangères en réaction aux événements militaires dans la région, créant des tensions diplomatiques à l’échelle locale. La ville d’Ashkelon cherche à maintenir ces ponts avec l’étranger malgré un contexte régional difficile.
La question des jumelages révèle à quel point le sort d’Ashkelon, ville de 160 000 habitants au quotidien très ordinaire, reste profondément lié aux soubresauts du conflit israélo-palestinien. Chaque escalade militaire du côté de Gaza rejaillit immédiatement sur les relations internationales de la ville, rappelant l’impossible séparation entre le destin d’Ashkelon et celui de ses voisins à seulement douze kilomètres au sud.
Personnalités liées à Ascalon
Au fil de ses millénaires d’histoire, Ascalon a vu naître ou passer des personnages qui ont marqué leur époque de manière durable. La diversité de ces figures illustre la richesse des civilisations qui se sont succédé sur ce site exceptionnel, de la philosophie grecque à la théologie islamique en passant par la politique du monde antique.
- Antiochos d’Ascalon (v. 125–68 av. J.-C.) : philosophe grec, fondateur de l’Ancienne Académie, élève de Philon de Larissa. Il influença notamment Cicéron, qui assista à ses cours à Athènes.
- Hérode le Grand (73–4 av. J.-C.) : certaines sources antiques situent sa naissance à Ascalon. Il fit en tout cas édifier des monuments dans la ville, dont des bains et des colonnades.
- Apollodore d’Ascalon : grammairien grec de l’Antiquité, auteur d’un commentaire sur l’Iliade, figure représentative du rayonnement intellectuel hellénistique de la cité.
- Ibn Hajar al-Asqalani (1372–1449) : l’un des plus grands savants de l’islam médiéval, spécialiste du hadith et auteur d’ouvrages de référence encore étudiés aujourd’hui. Sa famille était originaire d’Ascalon, et il porta ce nom avec fierté tout au long de sa vie.
Ces personnalités illustrent la vocation cosmopolite d’Ascalon tout au long de son histoire. La ville a engendré ou attiré des esprits remarquables que le monde entier reconnaît comme faisant partie de son patrimoine intellectuel commun, bien au-delà des seules frontières du Proche-Orient.
Pourquoi Ascalon fascine-t-elle encore ?
La fascination pour Ascalon tient à cette superposition unique de couches historiques que peu de sites au monde peuvent égaler. En une seule promenade dans le parc national, on passe devant des remparts philistins, des colonnes romaines, des arcs byzantins et des murailles croisées, le tout face à une mer Méditerranée qui n’a pas changé depuis des millénaires. C’est une expérience de temps profond que peu de lieux offrent avec une telle densité.
La dimension contemporaine ajoute encore à cette complexité. Ashkelon est à la fois une ville israélienne moderne en plein développement et le fantôme d’une histoire qui touche directement des millions de personnes, des descendants de Majdal à Gaza aux archéologues qui continuent chaque été de fouiller ce sol exceptionnellement riche. Les chantiers de fouilles restent ouverts, et chaque saison apporte son lot de découvertes qui réécrivent parfois une partie de l’histoire du Proche-Orient ancien.
En 2026, visiter Ashkelon demande une attention portée au contexte sécuritaire régional. Les autorités israéliennes mettent régulièrement à jour leurs consignes pour les visiteurs, et le site archéologique peut être temporairement fermé lors de périodes de tension. Mais pour ceux qui s’y rendent, Ascalon reste l’une des expériences historiques les plus saisissantes de toute la Méditerranée orientale : un lieu où cinq millénaires d’humanité se lisent directement dans la pierre et le sable.