C’était décidé. Tout était prêt, planifié, organisé. Dans deux mois, vous deviez partir faire le tour du monde avec votre meilleur ami. Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Inde, Malaisie, Australie, Nouvelle-Zélande, Pérou, Bolivie, Argentine, j’en passe et des meilleures. Un rêve de gosse sur le point de se réaliser. C’était d’ailleurs le moment idéal, vous veniez de terminer vos études. Vous étiez libres. Et puis, ce jour là, entre les rayons du Décath’ en train de comparer les sacs à dos 50 et 60 litres, il vous passe ce coup de téléphone qui changera tout.

Ce n’est plus possible pour moi…

Il vient de se faire offrir le CDI de ses rêves, et ne souhaite pas laisser passer sa chance.

Mais surtout n’annule pas ton voyage juste parce que je ne viens pas ! Tu peux le faire tout seul, tu rencontreras plein de monde, ce sera chouette aussi.

T’as raison, super chouette. La grosse angoisse oui ! En plus du fait que votre meilleur pote vienne de vous planter, vous commencez à culpabiliser de vous retrouver tout seuls sur les bancs du chômage ! Résigné, vous laissez tomber vos sacs et reprenez le chemin de la maison.

Dans la voiture, vous cogitez.

Non, ce n’est pas possible !

Vous ne pouvez pas tout annuler ! Vous le savez au fond de vous, c’est maintenant ou jamais ! Vous avez le temps, l’argent nécessaire et surtout l’envie plus que tout d’accomplir ce rêve. Pendant quelques secondes, vous vous mettez à détester votre meilleur ami. D’ailleurs vous arrivez même à vous demander pourquoi vous n’aviez pas plutôt proposeé ce projet à votre autre meilleur(e) copain/copine.

Ni une ni deux, gros coup de frein à main sur la quatre voies, braquage de la voiture sur le bas-côté, vous dégainez votre téléphone et appelez le/la nouvel(le) élu(e).

Oui, pourquoi pas… Mais qui va s’occuper du chat ? Mouais je sais pas trop.

Raté. Mais vous y croyez encore et commencez alors à contacter tout votre répertoire téléphonique. Même ce Jeff que vous ne pouvez pas piffer, vous tentez votre chance en vous disant que vous serez peut-être capables de le supporter pendant 6 mois sur la route…

Votre réaction est peu rationnelle. Vous le voulez ce voyage et vous seriez prêts à partir avec n’importe qui. Mauvais choix, mauvais calcul, mais rassurez-vous, vos amis et même ceux que vous n’aimez pas trop, ont tous étrangement des chats dont ils doivent s’occuper…

Au final, il ne vous reste qu’une seule option : voyager seuls. Et vous allez vite vous rendre compte que c’est loin d’être la pire des options… Décryptage d’un tour du monde en solo.

Voyager seul, les +, les – et ce que les autres vont penser

Peu à peu, l’idée de partir faire le tour du monde seuls commence à germer dans votre esprit. Vous avez raison. Voyager seul est une expérience humaine absolument extraordinaire. Mais, comme toute expérience, elle doit être clairement pensée. Il ne suffit pas d’acheter un sac à dos et de se lancer sur les routes. Un minimum de préparation est nécessaire, et ce uniquement afin de garder en tête une certaine limite entre « partir à l’aventure » et  »être inconscient ». D’ailleurs, cette remarque, vous risquez fort souvent de l’entendre autour de vous lors de vos préparatifs. Ne vous en faîtes pas, ils dramatisent, et c’est normal. Ce sont vos amis, votre famille, votre maman, bref ce sont les personnes qui tiennent le plus à vous sur cette terre. Ne leur en voulez pas. Prenez le temps d’en discuter calmement. Expliquez-leur, montrez-leur ces blogs et autres guides de voyages que vous lisez depuis des mois. Montrez-leur ces témoignages, montrez-leur cette réalité qu’ils ne connaissent pas forcément. Et montrez-leur que vous savez, que vous êtes bien prêts, dans votre tête,  à voyager seuls. Cela ne pourra que les rassurer, et vous aussi par la même occasion. À ces questions que vous vous posez, ou qu’ils vous poseront, vous pourrez alors ouvrir le dialogue.

Voyager seul, c’est dangereux !

Oui c’est vrai. Vous allez peut-être même en mourir. Mais statistiquement, si vous gardez la tête sur les épaules et si vous faites confiance à votre bon sens, il n’y a peu ou pas de raison qu’une mauvaise expérience vous arrive. Un accident, une mauvaise rencontre n’est pas impossible (comme au coin de la rue en bas de chez vous d’ailleurs), mais voyager seul en soi n’est ni plus ni moins dangereux qu’un voyage à plusieurs. Tout est question de caractère, et je vous recommande de passer ce test élaboré sur de nombreuses études scientifiques très sérieuses afin de savoir si oui ou non, vous allez mourir durant votre prochaine voyage.

Rappelez-vous dans tous les cas que la vie est dangereuse, d’ailleurs à la fin on en meurt, tous. Pour moi, le vrai danger, serait celui de refuser de vous lancer dans cette aventure et de regretter pour le reste de votre vie votre manque de courage, car ça pour le coup, c’est un vrai danger pour votre santé psychologique.

Voyager seul, mais t’as pas d’amis ?

Si ! Mais ils ont tous des chats ! Ou des jobs, des études, des enfants, bref, ils ne sont pas disponibles maintenant. Vous pouvez les attendre, mais soyez prêts à peut-être devoir attendre toute votre vie. Si pour vous faire le tour du monde est un rêve que vous comptez bien réaliser, souvenez-vous que pour la majorité des gens qui vous entourent, partir sur la route en sac à dos 6, 12 mois ou plus pour manger des nouilles séchées, dormir dans une tente sous la pluie et sentir le rat crevé, ce n’est pas du tout excitant. Alors oui, dans une discussion autour d’un verre le samedi soir, certains vont vous dire au combien vous avez de la chance, ce que ça doit être formidable de faire le tour du monde et de partir à l’aventure et pourquoi ils en « rêvent » eux aussi. Mais entre rêver et rêver, il y a plus d’un insomniaque d’écart… Je rêve de gagner au loto, et pourtant je ne joue jamais. Difficile d’y arriver, car je ne m’en donne pas les moyens. Il y a des tas de personnes pour qui voyager et faire le tour du monde sont loin d’être des priorités. N’attendez pas ces personnes qui ne vous accompagneront jamais. Elles vous diront ne pas être prêtes. C’est un signe : elles ne seront jamais prêtes, car en soi, ce n’est JAMAIS le bon moment pour partir faire un tour du monde. Ou alors c’est toujours le bon moment. Cela dépend de votre philosophie de vie.

Voyager seul, non je suis trop timide

Moi aussi. Et pourtant je n’ai jamais eu le moindre problème pour rencontrer d’autres personnes lors de mes différents voyages. Cela se fait naturellement. Vous n’êtes pas seuls à voyager seuls. Au contraire, et d’ailleurs vous ne vous retrouverez seuls que lorsque vous aurez décidez d’être seuls. Voyager seul est de loin le meilleur remède que je connaisse pour vaincre et passer outre sa timidité. Redoutablement efficace.

Voyager seul, c’est dur

Voyager seul, c’est beaucoup de liberté. Mais c’est aussi devoir compter sur soi et sur soi-même uniquement. Pas de répit, vous devez vous prendre en charge du début à la fin. C’est une réalité, même lorsque vous êtes fatigués, même lorsque vous êtes perdus, même lorsque vous en avez marre. Parfois, votre moral peut en prendre un coup, c’est normal et passager. Voyager seul peut être éprouvant nerveusement par moments. Mais souvenez-vous où vous êtes et pourquoi vous le faites. Demain sera un autre jour.

Voyager seul, c’est triste

Voyager seul, c’est aussi accepter de vivre tous ces moments forts et magiques encore une fois, tout seul ! Il n’y aura personne pour partager votre émotion, et il n’y aura que vous qui puissiez comprendre et ressentir ces instants. Aucune photo, aucune vidéo n’arrivera à retransmettre l’intensité des  moments vécus ce jour-là. C’est une réalité qui peut freiner certains à se lancer dans l’aventure en solo. Pour d’autres, ce ne sera pas véritablement un problème. « Connais toi toi-même ».

Voyager seul

Voyager seul, en toute liberté

Voyager seul, ce que ça va vous apporter

À côté de tout cela, voyager seul c’est avant tout prendre le risque d’être heureux. Si j’adore voyager entre amis ou en couple, je me suis rendu compte que le voyage en solo apportait une véritable dimension supplémentaire à l’aventure, avec pour seul mot d’ordre : la  liberté.

Voyager seul, faites ce que vous voulez, quand vous voulez

L’avantage à devoir se gérer tout seul, c’est de pouvoir faire ce que l’on veut. Vous vous souvenez du premier jour ou vous avez quitté papa et maman pour habiter seuls ? Plus personne pour vous dire ce qu’on mange, à quelle heure on mange, ce qu’on regarde à la télé, à quelle heure il faut rentrer, etc..

Un voyage en solo, c’est pareil. Vous être le maître du jeu et vous faites ce que vous voulez, au moment où vous le voulez. Plus la peine de faire des compromis sur les visites entre ceux qui souhaitent faire le musée et ceux qui veulent aller à la plage. Plus la peine de marcher des heures dans les rues pour trouver un resto qui convienne à tout le monde. Plus la peine d’attendre ceux qui n’arrivent pas à se lever le matin ou qui passent 3 heures dans la salle de bain pour se préparer. Et surtout, et c’est un point important : plus la peine de s’engueuler quand ça va mal ! Il y a beaucoup d’amis, qui une fois partis sur les routes, se rendent compte qu’ils sont beaucoup moins compatibles que dans la vie de tous les jours. Si vous voyagez seuls, vous n’aurez plus jamais besoin de faire front à une personne qui boude à l’autre bout du monde…

Voyager seul, relever des défis

Voyager seul, c’est aussi découvrir un côté de sa personnalité qu’on ne connaissait pas ou que l’on sous-estimait. Fraîchement débarqués dans votre nouvelle destination, c’est d’abord l’angoisse qui risque de vous submerger, avant l’excitation.

Bon, et maintenant je fais quoi, je vais où ?

Puis vous allez mener votre première mission à bien. Vous allez prendre votre premier taxi seuls, vous allez trouver votre premier hôtel seuls, vous allez vous perdre, paniquer, puis retrouver votre chemin pour la première fois seuls. Et vous allez survivre à toutes ces expériences. Vous allez peu à peu vous sentir plus à l’aise dans vos décisions et vos choix. Vous allez gagner confiance en vous et, le jour de votre retour, vous serez sacrément fiers d’avoir accompli autant sans l’aide de personne. Un voyage en solo, c’est un véritable moyen de développer ses compétences et cela vous rendra la vie beaucoup plus simple par la suite.

Voyager seul et vivre des moments hors du commun

Voyager seul, c’est aussi la clé pour vivre des moments forts et vous fabriquer quelques uns des plus beaux souvenirs de votre existence. C’est un fait, à chaque voyage en solo, le contact avec les autres semble plus facile et beaucoup plus accessible, pour deux principales raisons.

D’un côté, votre comportement. Vous êtes en positionnement « ouvert ». Vous êtes seuls et donc naturellement enclin à accepter le contact avec l’autre. Ce qui n’est pas toujours le cas lorsque l’on voyage entre amis, même inconsciemment. En face, les gens aussi seront plus à l’aise et moins timides de vous approcher. Ils viendront plus facilement vers vous.

Ainsi, je me suis rendu compte qu’il m’arrivait beaucoup plus d’expériences « atypiques » lorsque je voyageais seul que lorsque j’étais avec mes amis. Par exemple, je suis persuadé que je ne me serais jamais fait inviter à dormir dans une famille cambodgienne à la campagne si je n’avais pas été seul. Être seul, c’est donc un excellent moyen pour se rapprocher des autres.

Voyager seul et faire des rencontres

Voyager seul et se construire des souvenirs pour la vie.

Voyager seul, l’aventure à portée de main

N’ayez pas peur de voyager seuls. N’ayez pas peur d’être heureux. Le voyage en solo vous offre cette souplesse, cette liberté dont vous avez toujours rêvé. Voyager seul rend vivant, comme peut-être vous ne l’avez jamais été auparavant. Convaincus ?

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A propos de l'auteur

Breton d'origine, je pars étudier dans le grand nord en Finlande en 2011. C'est le déclic. Plus que le simple voyage, j'aime poser mes valises dans une contrée lointaine et partager la vie des locaux. Grèce, Nouvelle-Zélande, Cambodge et désormais les USA, la vie d'expatrié n'a jamais été aussi excitante. Je garde une trace de ces tranches de vie à travers ce blog et je partage photos, vidéos, infos & conseils pour celui qui souhaite se lancer dans l'aventure ou tout simplement s'évader quelques instants.

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18 Réponses

  1. Olivia

    Il est super cet article ! Tellement vrai, et drôle aussi !! J’aime voyager seule, j’aime cette liberté, même si parfois, c’est vrai qu’on aimerait bien dire « OH ! T’as vu CA ?! » à quelqu’un avec qui on partagerait l’expérience… Il y a aussi le fait qu’on peut doser entre le « tout seul » et l' »accompagné » : par exemple, faire une partie du voyage seul, une autre partie de quelques jours en choisissant un tour qui fait que pendant ces quelques jours, on n’a pas à TOUT faire (cuisine, transport, etc.), continuer seul pour une 3e partie, etc. Ca permet de faire une soupape :-) En revanche, le tour doit correspondre au type de voyage et aux visites qu’on veut vraiment faire !! On a dit qu’on faisait CE QU’ON VOULAIT !

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    • Tugdual PAUL

      Salut Olivia !

      Oui, tu as tout à fait raison, alterner entre une totale liberté un peu de répis avec des options organisées peut être une bonne option pour celles et ceux qui souhaitent pouvoir respirer de temps en temps sans avoir à toujours penser à tout. Et même si certains baroudeurs pourront trouver le concept étrange, limite contraire à leur définition du voyage, il existe effectivement des agences qui correspondent vraiment à cette philosophie de voyage. Un tour hors de sentiers battus à la découverte d’une culture et à la rencontre des us et coutûmes d’un pays, le tout accompagné par un expert de la région qui saura vous faire vivre le pays comme lui le vit au jour le jour. J’ai la chance de travailler avec ce type de personne par occasion dans mon métier de tous les jours et il est clair que ce nouveau concept plait et à juste titre.

      Merci pour ton commentaire et à bientôt Olivia.

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  2. Jones

    Bel article! Félicitations de ne pas avoir abandonner après que ton pote t’ait planté! Je ne pense pas que j’aurai eu ce « courage », pas pour si longtemps…

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    • Tugdual PAUL

      Hello Jones et bienvenue par ici !
      Rassure-toi, personnellement, je ne me suis jamais fais planter par mes amis avant mes voyages. Je raconte juste ce que j’observe autour de moi, les idées générales qu’on entend ici et là sur le voyage seul. Dans mon cas, je pratique autant le voyage entre amis que le voyage seul, mais je dois reconnaître que le voyage en solo m’a apporté beaucoup pour de nombreuses raisons. Déjà sur la durée, entre amis on part 2 semaines, seul je pars pour plusieurs mois. Mais ensuite sur le plan humain et sur les découvertes que j’ai pû faire seul, comme un grand, sans l’aide de personne. Ça c’était gratifiant. À bientôt !

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  3. Olivier

    L’article résume assez bien les questions que l’on se pose avant de partir seul et reflète très bien comment on se sent quand on voyage seul aussi bien dans ces côtés positifs que négatifs. Félicitation pour le blog

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  4. Fabrice

    Voyager seul est effectivement le meilleur moyen de se confronter à ce sentiment de liberté exacerbé, qui reste dans le corps par la suite, un peu comme une drogue…et par ailleurs, aussi paradoxal que ça paraisse, voyager seul est le meilleur moyen pour rencontrer du monde. LA grande difficulté, de mon point de vue, est de savoir gérer le retour, l’après voyage, qui peut être très violent psychologiquement. Des conseils en la matière ?

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    • Tugdual PAUL

      Je me suis longtemps fais la guerre à ce sujet : d’un côté le vécu que j’ai vis à vis de ce concept de « déprime » du retour de voyage et de l’autre le refus et le dénigrment que je lui porte tellement je trouve cette idée ridicule et vide de sens. J’ai depuis peut-être trouvé le juste milieu sur la chose. À suivre sur le blog dans un prochain article je te dirais donc 😉

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  5. Henny

    Et oui, c’est en voyageant seul que l’on découvre une autre facette de nous-mêmes permettant d’embellir ou pimenter les aventures.

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  6. Patricia COLLONVILLE

    J’ai vraiment apprécié votre article. Clair, complet, simple, vous avez un style rédactionnel très agréable. Bravo et merci. J’aimerais, tout comme « Fabrice », savoir comment gérer au mieux le retour… Ma « réinsertion » est pour le moins laborieuse et je ne pense qu’à repartir! J’ai hâte de lire votre article tendant à maitriser ce pénible ressenti. Félicitations pour votre blog!

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    • Tugdual PAUL

      Bonjour Patricia et merci pour votre intervention. Et bien je suis actuellement en train de gérer un nouveau retour, donc un article viendra peut-être prochainement sur la question :) A bientôt !

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  7. Lucie

    Bonjour Tugdual, ton blog est vraiment magnifique! Je pars dans quelques jours en Birmanie et Thaïlande pour 2 mois en tout et je viens de dévorer tes articles sur la Birmanie! (Il va falloir que je lise tes articles sur la Thailande aussi!) J’ai qu’une hâte, c’est de partir et découvrir tout ça par moi même 😉 merci pour les conseils et astuces en tout cas! A bientôt!

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  8. Anaïs

    Très joli blog.
    Je suis partie 6 semaines seule en Thaïlande et au Myanmar et je me retrouve pas mal dans cet article. Que ce soit sur le partage avec d’autres voyageurs ou la confiance en soi que ça procure: « oui je l’ai fait! »
    Bonne continuation

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