Plus qu’un art, la photographie est un excellent moyen d’expression. C’est un fait, une image vaut parfois mille mots et pour moi, concevoir un voyage sans appareil photo, ce serait développer une frustration telle que le plaisir de découvrir en serait considérablement amoindri. Malade de notre temps, je reconnais ne pas toujours être capable de me satisfaire des choses simples. Et si le voyage est éternel, intemporel et qu’il existe depuis la naissance du premier être humain, aussi primitif soit-il, la photographie en revanche n’est qu’un paragraphe du chapitre actuel de l’humanité. Récente et pourtant déjà indispensable.

Ce besoin a fait grandir une passion. J’aime la photographie du plus profond de mes tripes. Et si ce qui ressort de ces impressions de lumière est aussi naturel que possible, souvent pourtant, je m’interroge :

La photo est-elle toujours appropriée à la situation ?

Respect de la vie privée, liberté d’expression, différences culturelles, témoignages et mensonges, quelle place donne le photographe à ces photos de voyage ? Quelque soit son niveau. Quelque soit sa portée. Peut-on tout photographier en voyage ? La loi nous l’accorde, ou tout au moins, nous donne une grande liberté de manœuvre. Qu’en dit la morale ? Il m’arrive de regretter de ne pas avoir appuyé sur le déclencheur. Occasion manquée. Mais parfois aussi, je regrette d’avoir eu le doigt si lourd si vite pour figer une image qui aurait peut-être aimée être oubliée à jamais.

Tout photographier pour montrer la vérité

Certain prétendent que la photographie est différente de l’art véritable car elle n’est pas le fruit d’une création personnelle, mais le simple reflet de la réalité. Une pâle copie de notre monde sur papier. Une information. Pourtant, à mes yeux, la photo en est facilement l’opposée. Si les mots peuvent être rapidement mensongers, la malléabilité de la photographie en fait un média qui se révèle parfois extrêmement peu fiable. Cadrages, lumières, datations, retouches via Photoshop sont autant de facteurs qui décrédibilisent la photographie dans son action d’informer, et la renforce dans sa simple idée de transmission d’un message orienté ou d’un esthétisme.

La photographie de voyage au service du voyageur

Moi le premier, j’aime la photo pour le beau. Quand je voyage, je recherche le beau. Naturellement, je joue avec la réalité pour obtenir une photo que je souhaite ensuite imprimer et d’accrocher dans mon salon -pour prendre un cas concret. Mais depuis que je suis blogueur, j’essaie également autant que possible (i.e., quand j’y pense) de saisir en numérique les coulisses de ces « belles » photos. Pourquoi ?

Car je déteste être trompé.

Le problème de la belle photographie de voyage, c’est qu’elle n’en dit pas assez long sur la véritable expérience vécue. Non, la belle photo, elle accroche l’œil, parfois l’esprit et au mieux, elle fait rêver le non-voyageur, l’étranger qui n’a pas pu vous accompagner.

Et à moins que vous ne soyez membre du club des touristes à abattre, il est fort à parier que la seule consommation de superbes photographies de voyage puisse être une source ultérieure de grande frustration, le jour où vous allez finalement plonger dans la réalité de ses destinations rêvées sur papier photo.

Combien se sont ainsi fait surprendre lors de la découverte d’un site majeur de notre planète ?

Cette boutique à touristes au pied d’Angkor Wat ?

Ce restaurant en plein milieu de la ville antique de Pompéi ?

Cet hôtel sorti des entrailles de la terre au beau milieu de Monument Valley ?

On vous avait promis la jungle d’Indiana Jones, on vous avait promis un site archéologique préservé par l’UNESCO, on vous avait promis le désert à perte de vue et vous voilà face à des bus vomissant touristes par centaine, une pizzeria de type fast food à l’américaine et des blocs de béton ultra modernes et flambant neufs.

Immense déception.

Déception qui aurait peut-être été relativisée si vous saviez à quoi vous attendre. Déception inacceptable lorsque l’on se sent trompé, dupé sur la marchandise. Les superbes photos de voyage sont souvent bien différentes de la réalité.

Au-delà de la photo esthétique, s’obliger à tout photographier permets à votre audience de limiter sa part d’interprétation vis-à-vis d’une destination et de la faire tendre le plus possible vers la réalité.

Le pont d'U-Bein au coucher du soleil en Birmanie et ses dizaines de touristes qu'on ne voit jamais sur les "belles" photos de voyage.

Le pont d’U-Bein au coucher du soleil en Birmanie. Oubliez les moines et observez les dizaines de touristes qu’on ne voit jamais sur les « belles » photos de voyage.

Photographier de la merde

Moi le premier, et parce-que c’est aussi le rôle du blogueur, j’aimerais plus souvent penser à photographier les coulisses de mon voyage, mais j’ai encore beaucoup trop d’occasions manquées. En revanche je suis un grand fan de photo de rue. Et dans cette discipline, j’aime beaucoup la photo industrielle, le désordre, le grain, les ombres, la photo « sale », loin des codes de la photo de voyage traditionnelle. Mettez-moi dans une maison abandonnée, une usine désaffectée et c’est l’éclate assurée pendant des heures !

Street #photo #memory from walking around Saint-Petersburg #russia #travel #instatravel #travelgram #picoftheday

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Je ne suis pas le seul. Je lisais récemment un témoignage intéressant sur la photo de rue, par Samuel du blog Les Vents Nous Portent. Au détour d’un chemin lors de son séjour à Istanbul, il se retrouve face à « un meuble, une chaise, du bordel contre un mur, un bout de gouttière et des mauvaises herbes ». Le Saint Graal. Appuyant sur le déclencheur de son appareil, un turc s’approche et lui demande sur le champ d’arrêter de photographier des merdes pareilles, ne comprenant pas comment le photographe puisse oser vouloir diffuser une telle image de la Turquie.

« Déplacé ». La photo d’une chaise et de trois brins d’herbes est une photo déplacée.

Certains diront que cette personne ne perçoit pas la photo comme un art et n’en comprends pas la portée, ou tout simplement, que cela ne rentre pas dans sa culture ni dans son éducation. Soit. Ce n’est pas dramatique, ce ne serait qu’une incompréhension, une erreur de communication et cela ne remettrait aucunement en cause la réalisation de la dite photo.

D’autres en revanche soutiendront qu’effectivement, exposer un pays en développement par un aspect moins valorisant que le sourire de ses habitants, la couleur de ses marchés et l’architecture de ses monuments, est irrespectueux voir totalement incorrecte vis-à-vis du pays qui accueil le photographe.

Laissez-moi m’asseoir, j’ai le sang qui me monte à la tête.

Sous prétexte que les sujets photographiés ne sont pas esthétiquement beaux, sous prétexte qu’ils n’inspirent aucune fierté, qu’ils ne correspondent pas à un martèlement marketing de l’évasion et du rêve qui colle avec l’image du voyage, alors on devrait ne surtout pas les montrer ?

Censurons-nous. À nouveau, oublions la vérité et acceptons de n’afficher que le côté pile d’une destination. Telle une publicité d’agence de voyage, balayons sous un tapis poussiéreux tout le reste. Ce n’est pas très intéressant de toute façon. Oui mais c’est aussi (surtout?) ça le voyage. Un ensemble. Du beau et du laid. Du propre et du sale. De l’authentique et du touristique. Chacun est libre d’en tirer ses propres besoins, mais jamais ne devrait-on contraindre celui qui s’intéresse au tout.

Respecter l’homme, rester digne

Pouvons-nous pour autant photographier tout et n’importe quoi à notre guise, sous prétexte de l’existence du sujet. La question est surement à prendre tout en nuances et la photographie de voyage peut parfois s’avérer être une arme psychologique très délicate.

Retour en Asie du Sud-est. Un jour, quand j’habitais au Cambodge, un compatriote blogueur me contacte pour obtenir des informations sur le pays. Il demande :

Est-ce que tu peux m’indiquer les meilleurs bidonvilles à photographier dans Phnom Penh ?

Les « meilleurs bidonvilles ». Les gens les plus pauvres. Ceux qui crèvent la bouche ouverte sur le sol, et pour un peu qu’il y ait une épidémie de dengue et quelques éclopés de guerre ce serait encore mieux ! Simple question de style ou pervers avide de sensationnalisme, je ne sais toujours pas dans quelle case ranger cet individu dont la démarche m’a un peu dérouté.

Si la photographie de voyage incarne aussi bien une expression artistique qu’une illustration efficace à son récit, son aventure, il faut se méfier du voyageur qui tombe dans la masturbation photographique. Chasser la misère n’est pas une pratique des plus saines, ni pour vous, ni pour votre entourage, et surtout pas pour les personnes photographiées. Si le reporter peut justifier ses photos de la mort, le touriste, lorsqu’il photographie pour lui-même, doit savoir rester à sa place.

La question du portrait

Quid des photos de portrait ? Dans un espace publique, la loi vous autorise à prendre en photo toute personne n’y opposant son consentement. Également, on ne pourra vous faire effacer quelconque photo déjà réalisée, pas même la personne photographiée. Oui c’est dingue, mais c’est la loi.

Les photos volées sont ainsi intouchables. Une fois que vous avez appuyé sur le bouton, elles sont à vous. Personne ne pourra venir vous les réclamer. Leur diffusion en revanche est soumise à quelques conditions.

Photographier des inconnus dans la rue

Eux ça va ils ne risquent pas de porter plainte

Malgré tout, entre personnes civilisées, on peut espérer du photographe qu’il demande à son sujet s’il est en droit de réaliser un cliché. C’est la moindre des choses. Le fait de visiter un pays pauvre ne change aucunement la donne. En France on pourrait facilement vous mettre en garde à vue pour avoir photographié un gamin dans un parc sans le consentement de sa mère, alors pourquoi se permettre de mitrailler à tout-va dans le tiers monde ? Pauvres oui, mais cons, sûrement pas.

On entend régulièrement dire qu’il n’est pas toujours possible de demander, ou que cela enlève le naturel et la spontanéité d’une photo. C’est faux. Il est toujours possible de demander, en revanche il n’est pas toujours simple de la faire.

Il m’est arrivé de voler des photos. Cela m’a quelque fois valu des remarques négatives sur mon comportement. Manque de courage, rapidité de la situation, je pourrais écrire une longue liste de justificatifs à la démarche. La vérité c’est qu’aucun n’est assez bon pour être prise en considération.

Vous voulez une photo d’un étranger ? Demandez-le lui point barre.

Telles des stars fuyant les paparazzis, en voyage il y a des têtes qui sont chassées en permanence. Maintenant mettez-vous ne serait-ce qu’une seule seconde à la place de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qui voient continuellement, jour après jour, nos appareils photo se braquer sur leur visage… Et entre nous, qui aspirerait à se comporter comme un paparazzi franchement ?

Amandine du très bon blog Un Sac Sur Le Dos publiait cette semaine ses impressions en tant que femme blanche en voyage au Sri Lanka, et son malaise vis-à-vis du regard que certains hommes portaient sur elle. Parfois je me demande ce qu’asiatiques ou africains peuvent ressentir face aux regards incessants que nous portons sur eux à travers nos objectifs.

Peut-on tout photographier en voyage ?

Lui, il est carrément venu me demander de le prendre en photo !

Aujourd’hui, je préfère rater l’opportunité d’une belle photo plutôt que de risquer la naissance d’un malaise ou l’agacement. Aussi je prends la peine d’étudier le rapport que peut avoir une population face à la photographie. Différence culturelle oblige, votre meilleur compagnon de route est considéré par d’autres comme un voleur d’âme.

La bonne nouvelle ? Même sans photo volée, j’arrive (enfin j’espère, c’est vous les juges :) ) à toujours réaliser de belles photos. Faire des photos d’inconnus dans la rue n’est vraiment pas une chose facile. Heureusement, j’ai découvert que très souvent les gens sont flattés que vous daignez vous intéresser à eux. Et si vous n’avez vraiment aucune possibilité de demander avant de déclencher, prenez au moins la peine ensuite d’aller montrer le résultat aux intéressés.

Enfin, sachez que pour « demander », il n’est que très rarement nécessaire d’aller interagir physiquement avec la personne qui vous intéresse. Souvent un simple signe, un sourire, un regard sont amplement suffisants, et ce sera le sujet d’un prochain article. 😉

Photographier tout en respectant son sujet

Je suis pour la liberté d’expression. Je pense que la photographie est l’un des médias de communication les plus percutants de notre époque. C’est aussi une discipline que j’aime pour la beauté, l’émotion et les messages qu’elle peut transmettre.

Malgré tout, la photographie de voyage à ses limites et c’est du comportement du photographe que découle son acceptation ou son rejet. T’es pas d’accord ? 😉 Dans tous les cas, si tu aimes autant que moi la photographie, je te recommande d’aller faire un saut sur mes albums de voyage en cliquant ici et de me dire ce que tu en penses :) Tu peux aussi me suivre sur Facebook et Instagram pour encore plus d’image du bout du monde. MERCI !

PS : pour ceux qui se posent la question, la photo de couverture, ce n’est pas un lynx ni un dragon c’est Biscotte, mon chat.

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A propos de l'auteur

Breton d'origine, je pars étudier dans le grand nord en Finlande en 2011. C'est le déclic. Plus que le simple voyage, j'aime poser mes valises dans une contrée lointaine et partager la vie des locaux. Grèce, Nouvelle-Zélande, Cambodge et désormais les USA, la vie d'expatrié n'a jamais été aussi excitante. Je garde une trace de ces tranches de vie à travers ce blog et je partage photos, vidéos, infos & conseils pour celui qui souhaite se lancer dans l'aventure ou tout simplement s'évader quelques instants.

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31 Réponses

  1. Sophie

    Salut !
    J’aime bien cet article, pour la réflexion qu’il propose et l’honnêteté avec laquelle tu donnes ton propre avis !
    Merci notamment pour l’importance que tu apportes au respect des sujets photographiés et de la décence qu’on se doit de toujours garder en tant que voyageur, tant en photographie que dans le reste de notre attitude.
    J’aime beaucoup l’art de la photographie (je défends le point de vue que c’est un art), et pour moi cet art est libre et n’a pas à être figé. On peut se faire plaisir à prendre des photos esthétiques, des photos « de rêve » en voyage, car après tout quand on a tellement rêvé de se retrouver devant les merveilles du monde, on a bien le droit d’immortaliser l’instant, sous son plus bel angle et sans les poubelles en arrière plan ! Mais la photographie peut aussi vouloir montrer « une » vérité, comme elle peut simplement exprimer une émotion, un point de vue, mettre en lumière un détail peu valorisé, révéler des incohérences, intensifier des harmonies, refléter des atmosphères, immortaliser un échange furtif, créer de la fantaisie…
    En tous cas je suis à chaque fois captivée par les photos que tu postes sur ton blog, alors je suis POUR que tu continues de te balader avec ton appareil photo 😉 !
    Sophie, La Plume Trotteuse

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Salut Sophie, merci pour ton commentaire. Comme tu le dis, la photo reste un plaisir et on est libre de vouloir montrer ce que l’on souhaite à travers ce média, beau ou moche :) Et merci pour ton compliment sur mes photos, il y a encore des progrès à faire, mais ça viendra, car je ne suis pas près d’arrêter :) À bientôt !

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  2. Laurent

    Quand on prend clairement quelqu’un en photo, qu’on lui tire le portrait, je suis d’accord, on lui demande avant. Par contre, s’agissant d’une photo de rue, ça n’est tout de même plus du tout la même photo si on demande à la personne. Mais comme tu le dis très bien, si c’est des pauvres, certaines personnes se sentent autorisées à pointer l’appareil photo devant leur né sans rien demander.
    Si tu demandes à quelqu’un de le prendre en photo, il regarde alors le photographe. Mais tu peux souhaiter prendre un passant dans la rue. Même s’il n’est pas en mode portrait, il peut être le sujet principal de la photo, mais s’il vaque à ses besognes, il ne te regarde pas du tout. Et là, ça n’est pas une question qu’il est plus pauvre et que du coup on peut le prendre en photo, le problème est le même à la maison. Adieu les scènes de rue dans ce cas.

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    • Tugdual PAUL

      Tout à fait Laurent, si c’est une photo de rue avec 5, 10, 15 personnes dessus, des personnes qui ne te regardent même pas en plus, on ne va pas aller s’amuser à leur demander un par un si on peut les prendre en photo. La question du « demandage » c’est applicable aux portraits. En revanche, quand on fait de la photo de rue, tout de même le mieux est de rester visible aux yeux de tous dans la démarche, comme ça il n’y a pas de mal entendus, tout le monde se doute de ce que le photographe est en train de faire et le fait qu’il soit en évidence permets aussi aux gens de venir l’aborder pour lui poser des questions sur ce qu’il photographie. En revanche, on repère parfois des photographes planqués derrière un arbuste, zoomer à 200mm et de la « photo de rue », tirer un portrait en gros plan. Là non ça craint, c’est du paparazzi et personnellement, si un jour on me prends en photo de la sorte et que je le remarque, j’irai demander immédiatement à voir la photo et où celle-ci allait atterrir par la suite. Enfin à nouveau, « demander » à mon sens ça ne veut pas dire forcément aller faire une demande de vive voix, un signe, un sourire, il est très simple de voir si l’on dérange ou non :)

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  3. Amy B Dlm

    Salut a toi!
    Super interessant cet article (et la photo de ton chat est tres reussie!). Moi meme j’adore la photo de voyage, en particulier paysages et poses longues. Je commence timidement a me mettre aux portraits car ce genre de photos a l’avantage de porter plus de vie et d’emotions. J’avoue qu’il n’est pas toujours facile d’aborder un etranger pour lui demander de le prendre en photo… Je n’ose pas trop encore.
    En ce qui concerne la « photo volee » je pense qu’il faut savoir nuancer certaines choses. Pour moi prendre une scene en photo et y rajouter une presence humaine n’est pas forcement une photo volee. On peut par exemple prendre une photo en contre jour avec des gens qui apparaitront donc comme des ombres sur le cliche final. Ou juste se balader dans la rue et prendre les gens qui s’y baladent. Par contre si tu pointes directe ton objectif sur la tete de la personne en plan serre, la oui, on peut dire que c’est une photo volee. J’avoue que je ne serais pas du tout a l’aise avec cette pratique. Sur mes photos ou j’integre des gens, j’essaye de faire en sorte qu’ils ne soient pas clairement reconnaissables. Mais effectivement, ca me tente d’essayer d’aller directement vers la personne pour faire un « vrai » portrait 😉

    Bonne continuation sur les routes!

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    • Tugdual PAUL

      Hello Amy !
      Tout à fait d’accord avec toi et cela rejoint ce que disait Laurent également. La photo volée, c’est sur du portrait qu’elle agace. Dans la rue si on a plusieurs personnes sur la photo, ça roule sans problème. Du moment que le photographe reste visible de tous et pas planqué derrière un mur, sa démarche est justifiée. Par exemple dans l’article, la photo de rue avec la dame qui pousse son chariot, je ne lui ai rien demandé, j’étais là sur le trottoir d’en face, j’ai fais la photo, elle n’est pas dégradante, la dame m’a probablement remarqué et si cela l’avait énervée elle me l’aurait fait remarquer. Idem pour le cuisto de rue. J’étais assis à sa table depuis un moment, il m’a vu, on a sourit, et ensuite je l’ai photographié plusieurs fois, parfois il me remarquait, parfois pas. Autre point, pouvoir rester immobile dans un endroit permets d’énormément développer son champ d’action, car le temps vous fait disparaître, les gens s’habituent à votre présence et vous oublient alors.
      Enfin, quand tu veux faire un portrait, ne soies pas timide. Un refus ? Et alors :) Tu souris, tu dis que c’est ok, pas de problème et tu continues ta route. Les gens ne seront pas en colère contre toi rassure-toi :) Et, coup de chance, la ratio refus/ok n’est pas en faveur du refus 😉 À bientôt !

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  4. Eleonore Plus d'un Tour dans mon Sac

    Très bon article, j’ai adoré le lire :) Je suis aussi fan de photographie, mais j’avoue que la photo de rue, j’en ai fait très peu, je fais plus de photos de paysages. J’aimerais me diversifier et prendre aussi des photos de rue mais j’ai une petite appréhension d’aller vers les gens pour leur demander, j’ai peur qu’ils refusent. Dans tous les cas, je veux m’y mettre, et il faudra comme tu le dis que je leur fasse un sourire ou un signe avant de déclencher.

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Salut Éléonore, comme je le disais à Amy, ton appréhension est normale, mais elle ne doit pas te bloquer. Le refus n’est pas une critique à ton égard, seulement un refus car la personne n’aime pas être prise en photo. Je le compare parfois aux gens qui distribuent des flyers dans la rue. Je refuse toujours les flyers, mais je me dit pas pour autant « quel con celui-là avec ces prospectus », je continue ma route, c’est tout, sans arrière pensé ni jugement :) Tu verras, avec un peu d’entrainement, tu n’auras plus peur d’aborder qui que se soit 😉 Bon courage !

      Répondre
      • Eleonore Plus d'un Tour dans mon Sac

        Merci pour tes conseils! :) Avoir peur d’aller vers l’autre, ça c’est mon côté réservé et introverti qui en est la cause, c’est un travail de tous les jours (et le fait de voyager m’aide énormément à vaincre cette peur ^^). En étant introverti, on a tendance à prendre les refus et les critiques objectives comme une attaque personnelle, mais il n’en ai rien, je sais bien. A moi de faire un travail sur moi-même avant tout ^^

  5. Amandine

    Réflexion très intéressante. Je me la suis déjà faite, à différents moments de ma vie et de mon expérience de voyageuse; et plus je muris, plus je vais vers une position moins « paparazzi » et plus respectueuse. Respectueuse des personnes que je rencontre et de la relation que je peux créer avec eux.
    Dans l’article que j’ai écrit sur le Sri Lanka (merci pour la mention 😉 ) je parle justement de toutes ces photos que j’ai préféré ne pas prendre, particulièrement dans mes moments de rencontre « entre femmes ». Des petites perles de connivence, du plaisir visuel à l’état brut : deux regards connectés, des sourires francs… Je n’avais pas envie d’intercaler un appareil photo entre nos deux visages.

    Je pense qu’écrire un article comme celui-ci est une très bonne chose, pour amener les voyageurs à penser à leur attitude en voyage, pour sensibiliser et amener une attitude plus respectueuse.
    Après, toujours demander est sans doute un idéal théorique à nuancer dans la pratique du quotidien, comme le dit Laurent.

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Salut Amandine ! Pas de problème pour la mention, la phrase que tu as écrite et le paragraphe sur les photos étaient de bonnes connexions 😉
      L’important, c’est d’évoluer, il y a quelques années, il m’arrivait de voler des portraits, un jour je me suis pris une remarque un peu salée. J’ai changé d’attitude depuis. Pourtant je n’avais jamais fais cela méchamment, juste par timidité en général, mais cela ne plait pas à tout le monde. On apprend, on évolue et c’est aussi un apport de la photographie sur notre personnalité :)
      Ensuite oui tu as raison sur le dernier point et comme je le disais à Laurent, la photo volée est gênante sur du portrait. Sur une scène de rue, je ne pense pas pouvoir qualifier ces photos de « volées ». Il y a plein de choses sur les photos de rue, dont parfois des hommes. S’il n’y a rien de dégradant dans la photo, pas de problème. On Reste visible de tous, on fait quelques contacts directs dans les yeux quand cela se présente, on lit le regard des passants qui vous observent et hop c’est bon c’est parti pour du shooting de rue :)

      Répondre
  6. Florence Gindre

    Un très bon article sur un sujet qui m’interpelle.
    Je trouve ton analyse juste et pertinente.
    Quant à Biscotte, il a un bel œil :)

    Pour les scènes de rues, je me pose un peu la même question que Laurent dans son commentaire. Que ce soit ici ou ailleurs. Faudrait-il, dans l’absolu, demander à toute personne présent leur accord écrit pour une diffusion ? Je ne connais pas trop la législation à ce sujet.

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Hello Florence,

      Légalement, tu peux photographier toute personne dans un espace publique qui n’y opposerait aucun consentement. En revanche, une fois que tu as fais la photo, personne ne peut t’obliger à l’effacer. C’est un peu contradictoire on est d’accord !

      Comme je le disais à Laurent, pour le portrait, on demande point barre. Pour la photo de rue, on jauge. Il est impossible de demander à tout va ni à tous les acteurs de la photo. En revanche, on reste visible de tous. Ainsi aucun malentendu, tout le monde sait que tu es en train de faire de la photo de rue et les personnes que ça dérange ont la possibilité de venir en discuter avec toi. C’est comme ça que je le vois personnellement :)

      Répondre
  7. Romain

    J’aurais pas dit mieux… sujet intéressant qui forcement me parle, moi qui suis un peu un photographe « compulsif », enfin pas tout à fait puisque justement lorsqu’ils s’agit des gens, si je ne demande pas forcement directement, mon sourire au lèvre ou mes yeux « pétillants » font généralement l’affaire. L’avantage de l’Asie.

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Hello Romain, c’est vrai qu’en Asie je trouve aussi, les gens sont souvent (pas tout le temps 😉 ) content qu’on ait envie de les prendre en photo et dès lors, c’est une partie de plaisir de shooter !

      Répondre
  8. Melany

    En voyage en Inde, un ami de la famille me servait de guide et m’a amene voir un parc national. Alors qu’on entrait dans la foret en voiture, au bord de la route se trouvait une vieille femme et une petite fille vendant des fruits.
    J’ai dit a l’ami que je voulais demander a la femme pour prendre sa photo, mais il a juste baisse la vitre et m’a dit « Non non pas besoin de demander, prends la photo c’est tout ».
    Par « pression sociale » (j’avais 17 ans), j’ai pris une photo alors que la femme, le regard mefiant, tentait de se cacher derriere la petite fille…
    Ca s’est passe tres vite, mais si il y a une chose que je regrette d’avoir fait en voyage c’est bien ca…

    Répondre
  9. Emmanuel

    Très bonne réflexion !
    J’ai moi même du mal à savoir prendre des photos de personne. Toujours gêner de demander et bien sûr gêner de déclencher sans demander. Du coup je n’en ai que très peu…
    Je me met à leurs place, tous les jours des photos sont prises… Cela doit être très agaçant à la fin…

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Hello Manu, c’est ce que je me dis aussi, il y a des endroits où les gens se font prendre TOUS les jours. Je me rappelle en Birmanie, au cours d’un trek à Hsipaw, le soir on arrive dans la maison de nos hôtes et je demande à la mamie si je peux lui tirer le portrait, elle est adorable donc elle accepte et ensuite elle me sort une revue du National Geographic où elle apparaît dedans ! Cette dame doit être photographier tous les jours c’est certain, heureusement ça ne la gênait pas du tout 😉

      Répondre
  10. Clément

    J’ai souvenir d’une carcasse d’appareil photo accrochée à des ossements style pirates dans le cirque de Mafate, à La Réunion. Marre d’être photographiés comme des bêtes curieuses. (Ne pas négliger la discrétion de mise sur certaines cultures locales, aussi…). Cela dit la chose donnait envie… d’être prise en photo.

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      C’est tout à fait vrai, parfois on ne se rends pas compte de la porté d’un appareil photo face à culture différente de la notre. Cela dit dans ce cas précis, je ne connais pas ce cirque, mais s’il s’agit d’un show, ils devraient se douter que des personnes souhaitent les prendre en photo et si cela est un vrai problème, ils pourraient peut-être interdire les appareils photos comme cela est le cas dans de nombreux cirque actuellement. L’idée des de l’appareil au coup d’un squelette me plait bien cela dit 😉 et en toute honnêteté j’aurais surement fait parti de celles et ceux qui veulent photographier la chose … pour le fun, car c’est sacrement original !

      Répondre
  11. Laure

    Un article très intéressant, avec une vraie réflexion et de magnifiques photos, j’aime beaucoup !
    Je débute dans la photo et pour le moment j’ai plus eu l’occasion de faire des photos de paysages et de mon chat que des portraits. Ceci dit, pour la photo de rue, que je pourrais même faire chez moi, j’ai encore beaucoup de mal à me lancer. Une fois j’ai voulu prendre une peintre en photo, sur l’instant c’était beau. Je me suis fait griller, elle m’a fait une remarque et hop, mon embryon de confiance est repartie sous la couette… Bref, en tout cas je vais pouvoir mettre ma confiance à l’épreuve durant mon tour du monde pendant lequel j’espère bien pouvoir m’améliorer en photographie !

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Salut Laure 😉 Oui ça m’est arrivé aussi et probablement à tous les photographes de voler des photos et de se faire rappeler à l’ordre illico presto. Pourtant ça ne part pas d’un mauvais sentiment, c’est juste de la timidité, on observe une jolie scène, on veut faire la photo, mais notre nature humaine nous pousse à le faire discrètement plutôt qu’à en demander l’autorisation. Heureusement il n’y a pas mort d’homme et avec ce genre d’expériences on apprend. Tu vas voir je suis sûr que plus tu vas avancer dans ton voyage, plus tu réussiras à établir le contact avec des inconnus et, en plus des portraits de ton chat (à ne pas négliger ! haha) tu vas doucement ajouter de nombreux portraits d’inconnus à tes albums ! À bientôt.

      Répondre
  12. chloe

    Merci pour cet article très intéressant, et si complet que je peux difficilement ajouter quelque chose, si ce n’est que je me suis déjà posé cette réflexion sur le portrait, tout court. Je suis très timide, je ne me vois pas aborder quelqu’un pour le photographier, c’est bête hein… Cela viendra peut-être, quand je serai plus affirmée ! Du coup je me contente de photos de rue, mais je poste plutôt celles où l’on voit les personnes de dos, ou au loin… J’aime beaucoup, d’ailleurs, ces « petits personnages » (et pas les touristes) sur mes photos, qui donnent de la vie à la scène et transcrivent la réalité des choses :on voit rarement des rues vides, comme on voit rarement le Mont-Saint-Michel sans touristes, par exemple, haha … ^^ Bref, ma réflexion n’est pas très pertinente, mais ton article est tellement bien fait au final, qu’il est difficile d’en rajouter!

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    • Tugdual PAUL

      J’aime beaucoup ce genre de photos également Chloé, la personne de dos qui marche au loin… je ne sais pas pourquoi, c’est souvent dynamique et plutôt graphique. J’ai cette photo d’une petite fille des Tongas qui s’éloigne, c’est une de mes photos préférées alors que la plupart des gens ne la trouvent pas extraordinaire.
      En tout cas pour le « problème » de l’abordage, ce que je n’ai pas dit non plus dans l’article, mais qui pourtant est assez vrai je pense, aborder un français, ou un habitant d’un pays développé, est souvent quelque chose de beaucoup plus difficile qu’en Asie par exemple. Là-bas beaucoup viennent chercher la photo d’eux-même et au final ça mets en confiance pour ensuite aller nous-même voir les autres 😉

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  13. Xav

    Ton article est top, et tellement vrai. J’ai vraiment pris du plaisir à le lire, peut être parce que je suis passionné de photo, mais surtout car tu touches ce que l’on ressent.
    Je dis souvent que la photo est un prolongement de ma mémoire, une façon de capturer à jamais le moment que je viens à l’instant d’apprécier :)

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  14. Marion

    J’ai dévoré cet article ! Tout est si bien dit… Je m’étais posé la question du « peut-on tout photographier? » pour la première fois en arrivant à Auschwitz, en Pologne. Je voyais ces touristes irrespectueux faire des selfies devant la barrière, ou braver l’interdiction de prendre des photos dans certaines salle. Et moi, moi je n’osais même pas faire des photos d’un mur de briques.
    De même pour les portraits, j’ai compris qu’il valait mieux dire aux gens que l’on voulait les prendre ou qu’on les avait pris en photos plutôt que de le faire secrètement et d’avoir des remarques très désobligeantes. Je me souviens d’une fois où j’ai pris un petit garçon faisant de la break-dance : son ami m’a vu et l’a dit à sa maman « la dame elle a pris une photo! ». Je ne savais pas où me mettre, j’ai souris à la maman et je suis allée lui montrer la photo en question. Sa réaction ? « Oh, viens voir (à son fils), tu vas être trop content! Je peux vous laisser mon adresse mail pour récupérer la photo? ». J’étais tellement heureuse qu’à présent j’essaye de ne plus me cacher. L’été dernier, j’ai osé pour la première fois demander l’autorisation à une jeune femme de la prendre en photo, et comme tu l’as dit, elle était surtout flattée!
    J’ai été déroutée aussi par l’histoire du bloggeur qui te demandent « les meilleurs bidonvilles »… Quand il a écrit cette phrase, il ne s’est pas rendu compte que quelque chose clochait ? Je suis d’accord qu’il est important de mettre en scène des images fortes, mais je te rejoins quand tu dis que « Chasser la misère n’est pas une pratique des plus saines ».
    Je ne sais pas si j’ai dit tout ce que j’avais à dire après la lecture de cet article, mais je vais m’arrêter là. Je vais tout de même le partager sur ma page facebook, je suis sûre que certains seront intéressés! Merci beaucoup :)

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  15. Marie-LaureB.

    Tout est dit et si bien dit…
    La photographie c’est aussi le moyen de montrer à quoi nous sommes sensibles, notre vision du monde, ce qui nous habite, ce qui nous fait vibrer. Pour ma part, j’adore capturer de tout (paysages, portraits, scènes de rue, petits détails insignifiants, structures graphiques,…)… toutes ces petites choses qui, mises bout à bout, donnent une idée globale mais aussi dans le détail de l’endroit où on se trouve.
    Tes photos sont sublimes. Je me suis régalée! Merci!!! :-)

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