Phnom Penh, mercredi 28 mai 2014, 38 degrés, le ventilo qui me crache au visage et de grosses gouttes de sueurs qui me coulent dans le dos, bref, une journée normale au Royaume du Sourire. Ce matin, ce fut pourtant comme un électrochoc, lorsque j’ai senti ce vent glacial me parcourir les veines. Une sensation qui m’arrive de loin, de très loin…

De Scandinavie, de Finlande, de Tampere.

Soleil de minuit

Soleil de minuit à Tampere

Il y a trois ans, je rangeais moufles, chaussures rembourrées en poils de renne et patins à glace au fond de mon sac et pleurais à chaude larme (oui comme une gonzesse) en montant dans l’avion qui allait fatalement me ramener vers la France. Je quittais la Finlande. Je quittais Erasmus et toute sa bulle hors du temps. Aujourd’hui, trois ans plus tard, mon premier reflexe fut de me précipiter sur mon vieux blog moisi de cette folle époque qu’est Erasmus et qui aura changé le cours ma vie. Je relis des articles oubliés, revois des photos qui n’auraient peut-être pas dû être publiées sur internet et je rigole niaisement tout seul devant mon écran.

Je tombe alors sur l’article bilan. Le bilan d’un an d’Erasmus en Finlande, et je sens l’envie de t’en faire partager quelques petits morceaux.

C’est assez dure de faire un bilan de cette année là, maintenant, encore à chaud, mais j’aurai presqu’envie de dire que tout était parfait. Même si, comme pour tout le monde, ça n’a pas été tout les jours facile et qu’il y a eu quelques moments où on se sent loin de chez soi, où le comportement des finlandais agace et où la famille et les amis de France vous manquent. Mais une fois qu’on est parti, il y a un autre manque qui se fait ressentir très (trop) fortement : celui de votre  famille Erasmus. Car finallement c’est ça qui vas manquer le plus. Plus que le pays, plus que la ville, c’est Erasmus et tout le rythme de vie qu’on avait adopté qui est le plus dur à quitter. Cette vie complètement en dehors de la réalité…

Outre les fautes d’orthographe (je les ai laissées exprès, c’est plus charmant ! De toute, je sais que j’en ferai d’autres, à quoi bon lutter), je trouve que l’analyse faite quelques jours après le retour était assez pertinente et mes sentiments n’ont pas énormément changé en 3 ans de temps. J’étais dans l’année de mes 20 ans et mon Erasmus en Finlande a véritablement changé ma vie. Laisse-moi te montrer comment.

Erasmus change les personnalités

Anciennement légèrement timide et discret, je suis devenu complètement avenant et souriant. Erasmus fait énormément gagner confiance en soi. Lorsque l’on s’apprête à passer une année seul dans un pays dont l’environnement et la culture nous est totalement inconnue, on ne plus se contenter d’attendre que les autres viennent vers vous. On se doit d’aller à leur rencontre et de se dévoiler, make a move, just do it comme ils disent à l’anglaise.

Erasmus ouvre l’esprit

Erasmus fait grandir. De nombreuses situations quotidiennes se transforment en micro défis dont on n’a pas d’autres choix que de les relever. Erasmus développe considérablement son sens de l’adaptabilité. Il faut faire avec car oui, là-bas c’est différent. Là-bas il y a des gens qui font du ski dans la rue, il y a d’autres qui s’habillent faut voir comment avec des combinaisons de ski en été, les yaourts se vendent en format brique et les cornichons sont transgéniques. Erasmus c’est aussi le moment de se rendre compte que son pays d’origine n’est pas aussi nul qu’on l’imaginait avant. Il y a beaucoup d’avantages à être français, surtout le fromage, le vin et la charcuterie…     

Do you speak Erasmus ?

Erasmus sauve beaucoup de jeunes français en dérive quand vient l’heure de s’exprimer en anglais. Le premier jour, les conversations c’est plutôt du genre :

Un inconnu : Hello, X@#4fg% €**m,.($

Vous : Hello, euh sorry euh I am from the France, I euh can you repeat question slow ?

Et le dernier jour vous êtes devenus :

Inconnu devenu votre meilleur pote : Dude I’m gonna miss you so much but you know you can visit me anytime alright ?

Vous : Sure man, thanks for everything this whole year was nothing but a blast and I so don’t wanna leave but yeah, be sure I’ll come back to see ya

La classe internationale. Vous n’en revenez pas vous-même.

Erasmus, sur un CV, ça fait toujours bien

Et oui, Erasmus sur un CV, ça vous apporte une vraie plus-value. Etonnamment, ils sont encore beaucoup dans le monde de l’entreprise à penser que vous avez trimé comme des dingues durant votre expérience à l’étranger. LOL. Il est clair que ma période Erasmus m’a franchement aidé dans la suite de mon parcourt pro.

Erasmus te montre à quel point il est facile de voyager

On me demande souvent comment je fais pour partir en voyage tout seul, sans rien organiser à l’avance et comment je fais pour ne pas avoir peur. J’ai souvent envie de répondre. Peur de quoi ? Comme je le disais au dessus, Erasmus développe votre sens de l’adaptabilité et vous montre que voyager, c’est simplissime et qu’il n’est pas nécessaire de trop s’inquiéter, même lorsqu’il est 23 heures, qu’il fait moins 30 degrés, que vous êtes perdu quelque part au nord du cercle polaire et que vous venez de voir votre bus partir sans vous (Expérience vécue !). Voyager est une discipline qui fait appel à l’imprévu et à l’inconnu. C’est comme ça et c’est ce qui le rend si trépident. Même le voyage le mieux préparé et le mieux organisé peut faire face à bouleversements, mais encore une fois, ce n’est pas si grave, car voyager, c’est facile !

Erasmus te donne des amis à vie

Il y a bien sûr votre famille Erasmus, très éparpillée à travers le monde avec multiples oncles, tantes, nièces, neveux, cousin germains, bref, ceux qui sont importants mais que ne vous ne voyez plus ou plus beaucoup malheureusement car un aller retour France/Argentine ça ne se fait pas tous les weekends. Et puis il y a les autres, vos frères et sœurs Erasmus, ceux qui se comptent sur les doigts d’une main, qui même trois ans après votre échange, sont toujours présent presque quotidiennement dans votre vie, et ont rejoint le clan très selecte de vos très bons amis. Des personnes avec qui vous avez beaucoup partagé là-bas et qui continuent d’avoir de l’influence sur vos choix et décisions actuels.

Une soirée normale en Erasmus

Une soirée normale en Erasmus

Tout ça pour te dire que sans Erasmus, je ne serai probablement pas là où je suis aujourd’hui. Je n’aurai pas eu le caractère, la niak et l’envie d’autant voyager, et même mieux, de m’expatrier. Je n’aurai pas non plus eu cette béquille technique qui aide au jour le jour, grâce à Erasmus, je parle anglais et j’ai quelques lignes sur mon CV qui me permettent de faire la différence; et enfin je n’aurai pas eu ce support de la part de ces amis pour qui vos choix semblent tout à fait normal et naturel et pas complètement dingues comme peuvent le penser votre famille ou certains de vos autres amis.

Erasmus a changé ma vie et parce-que cette expérience fut l’une des plus belles, des plus riches et des plus fortes, je ne peux que t’inciter à franchir le pas si l’occasion se présente. Car ce que tu vas vivre là-bas, il n’y a que toi et toi seul qui pourra en comprendre l’intensité. J’ai depuis longtemps arrêté d’essayé de raconter à mes proches ce que j’ai pu ressentir en Erasmus, car je n’ai jamais vraiment réussi à faire réaliser à quel point l’expérience était forte et je crois qu’il n’y a que celles et ceux avec qui j’ai partagé cette histoire qui peuvent vraiment comprendre pourquoi aujourd’hui, même trois ans après la fin, je continue d’y penser, jour après jour, avec mon plus beau sourire sur le visage.

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A propos de l'auteur

Breton d'origine, je pars étudier dans le grand nord en Finlande en 2011. C'est le déclic. Plus que le simple voyage, j'aime poser mes valises dans une contrée lointaine et partager la vie des locaux. Grèce, Nouvelle-Zélande, Cambodge et désormais les USA, la vie d'expatrié n'a jamais été aussi excitante. Je garde une trace de ces tranches de vie à travers ce blog et je partage photos, vidéos, infos & conseils pour celui qui souhaite se lancer dans l'aventure ou tout simplement s'évader quelques instants.

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9 Réponses

  1. Lison

    Et moi je ne peux m’empêcher d’avoir un énorme sourire en lisant ça…. :) :) :)

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  2. Sandra G

    Tellement vrai tout ça… une expérience qui marque à vie quelle que soit la destination ! Et difficilement explicable à ceux qui ne l’ont pas vécue..tu le dis si bien !!

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  3. Stéphanie

    Merci pour cet article qui représente si bien la réalité ! C’est grâce à Erasmus que nous ai venu cette passion pour le voyage, de toujours avoir envie de bouger. C’est magique de pouvoir découvrir autant de personnes de pays différents et finalement le côté éphémère rend les choses encore plus magnifique même si on aimerait que ça dure. Comme tu le dis, pour le comprendre il faut l’avoir vécu. :)

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  4. Morgane

    Comme je me retrouve dans ton article !!! J’ai même cru un instant que ta photo de groupe avait été prise dans ma résidence !! J’ai aussi fait Erasmus en Finlande (à Lahti) en 2011 et ça a vraiment changé ma vie puisque j’y ai rencontré mon copain espagnol, avec qui je suis toujours… La meilleure expérience au monde ! Et la Finlande est vraiment un pays parfait pour Erasmus… Tu étais où ? Et à étudier quoi ?

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    • Tugdual PAUL

      J’étais à Tampere en 2010/2011 à The University of Tampere. Techniquement j’étais en parcourt Business pour correspondre avec mon ESC française mais au final j’ai surtout souvenir d’avoir pris des cours relatifs au journalisme, à la géopolitique et à l’apprentissage du finnois, enfin que des trucs assez cools ! Et oui c’est clair que la Finlande c’était le choix parfait pour Erasmus : de l’anglais, une autre langue bizarre, des surprises climatiques, un vrai choc des cultures malgré qu’on soit en Europe et une vie tournée vers la nature, la barbecues, les saunas, les … oh purée, j’ai envie d’y retourner !

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