Ne pas travailler, contourner la vérité, être détesté, aimer quelqu’un.

Adrian Tan

Vous arrive t-il souvent de vous poser ces questions existentielles sur le pourquoi du comment de la vie, de l’infini de l’univers et du sens que vous souhaitez donner à votre existence ? Je ne sais pas si ce sont les quelques verres de vin en trop que j’ai consommés au sushi bar hier soir, mais ce matin, je me suis réveillé en sursaut, avec cet horrible électrochoc qui vous prend aux trippes et vous fait tourner la tête comme un mauvais manège de fête foraine.

Je vais mourir

Pas aujourd’hui certes, du moins je l’espère, mais cela arrivera, fatalement. L’univers a beau être infini, la vie, elle, la vôtre, la mienne, ne l’est pas. Je me lève et me dirige vers ma salle de bain pour profiter d’une bonne douche froide (oui, j’ai des problèmes d’électricité dans mon appart depuis quelques jours et les plombs sautent dès que je branche l’eau chaude…) et me remettre les idées en place.

Allez, respire un bon coup, tout va bien. Pourquoi tu penses à ça ? T’es con ou quoi ?

Et puis je me suis souvenu. Cela n’a rien à voir avec le vin. Hier, j’ai aussi regardé le film d’horreur le plus vicieux jamais tourné par l’homme : le journal de 20 heures. Le plus horrible, mais aussi le plus mauvais. Pour leur avoir fait longtemps la guerre à ce sujet, mes parents savent à quel point je déteste ce programme, quelle que soit la chaîne sur laquelle il est diffusé. Une succession d’images trash et de cadavres que plus personne ne prend la peine de flouter, alternées par des mensonges de politiciens dont le nez sort du cadre de votre écran plat 75 pouces. Tout va bien, ça passe entre deux frites ketchup à table pour vous redonner la banane. Alors hier au programme, les classiques : une guerre israélo-palestinienne super équilibrée – bombardements contre jets de pierres -, un conflit russo-ukrainien digne d’une interminable partie de Risk et un avion qui s’écrase à une vitesse encore plus rapide que la lumière. Autour de tout ça, quelques sindycalistes qui cassent tout et le traditionnel blabla politico-économique dont l’argumentaire principal s’articule uniquement autour du redondant :

C’est pas ma faute à moi, c’est les autres les vilains !

Vilains. Oui vilains. J’ai été élevé dans la croyance que l’homme est naturellement bon. Tout à coup, devant ces images vides de la moindre explication et dignes de la meilleure TV réalité jamais enregistrée, je me questionne.

L’homme est-il vraiment bon ? Après tout, nous ne sommes que des novices sur l’échelle du temps, nous n’en sommes qu’au début de notre ère.

Je ne sais pas. Je ne sais plus. Mais je sais que ce que je viens de voir à la TV n’est qu’un ramassis de conneries qui me donne la gerbe, tant sur le fond des actions menées à l’heure actuelle dans le monde que sur la forme avec laquelle nos médias nous présentent ces différentes guerres de pouvoirs et de richesses, à peine dissimulées sous les thèmes intemporels que sont la religion, le travail, la politique et autres magouilles en tous genres.

Mais pourquoi il nous raconte tout ça sur son blog de voyage ?  

Il a craqué ou quoi ?! Mais non ; ) Restez avec moi, nous arrivons au cœur de l’action. Loin de moi l’idée de passer pour un néo-hippie rejetant la société qui l’a vu grandir, lui a donné une éducation et les clés pour lui permettre de réussir une vie qu’il a choisie. Non, bien au contraire. Je remercie le monde d’être le bordel qu’il est. Je remercie chacun d’entre vous, chacun d’entre nous pour la place que nous occupons sur cette terre et le sens que nous donnons à notre environnement et à notre société, mais, malgré tout, laissez-moi vous dire une toute petite chose,

Aujourd’hui je vous emmerde et je me casse.

Cette piqûre télévisuelle m’a surtout rappelé que je n’avais plus le temps de perdre mon temps. Je voyage et je m’éclate, je travaille comme un dingue pour un salaire 3 fois moindre que ce que j’aurais pu avoir dans mon secteur en France, mais j’aime ce que je fais. Arrêtons de parler de moi. D’autres monteront leur entreprise, feront le métier de leurs rêves, que ce soit de la peinture sur glace, de la cuisine synthétique, ou n’importe quelle autre activité même la plus banale, du moment qu’elle les fasse vibrer. Ils le font car ils ont compris le sens qu’ils devaient donner à leur vie.  Le déclic ? Personnellement, je me souviens avoir été particulièrement inspiré par le discours d’un certain Adrian Tan, dont j’avais pu découvrir le texte sur un blog anglophone. Auteur et avocat reconnu de Singapour, il avait été invité à une remise des diplômes pour parler aux étudiants. Ses mots ont longtemps résonné dans mon esprit et j’ai envie de vous en partager quelques morceaux. À cette journée importante pour ces étudiants qui entraient dans la vie active, il avait alors déclaré

(…) Ce jour marque la fin de votre éducation, vous êtes diplômés, vous avez fini d’apprendre.

On vous a probablement répété « que l’apprentissage dure toute une vie » (…) mais savez-vous quelles sont les personnes qui vous disent cela ? Les profs. (…)

La bonne nouvelle est qu’ils ont tort.

La mauvaise est qu’effectivement vous n’avez plus besoin d’apprendre pour la simple et bonne raison que votre vie est déjà terminée. Passée, finie. Certains d’entre vous seront surpris de m’entendre dire cela. Vous avez la vingtaine, et autour de vous les gens affirment que vous vivrez jusque 70, 80, 90 ans. Mais ceci ne représente que votre espérance de vie.

J’aime cette notion : l’espérance de vie. On comprend derrière ces mots la durée de vie moyenne calculée au sein d’un groupe d’individus. Mais je suis ici pour parler d’un concept plus grand, qui est de savoir ce que vous espérez de votre vie. (…) 

Adrian Tan a su voir juste et plus que la douche froide, ce sont ses paroles qui me remettent les idées en place à chaque dérapage dans le tourbillon de l’oubli. Il y a encore un an, j’étais sur le point de mourir avant de mourir. J’ai failli prendre la direction d’une vie qui n’était pas la mienne, vivre le blues du dimanche soir et la pression des lundis matins dans un job qui ne me ressemble pas, dans une ville qui ne me correspond pas. Pendant 45 ans, j’aurais pu mettre beaucoup d’argent de côté dont j’aurais pu profiter durant les 10 dernières années de ma courte existence, tout du moins si mon corps le permet. Puis au détour d’un triste hasard, j’aurais aussi pu me retrouver à bord du MH17, me faire descendre en quelques secondes et voir mes économies brûler avec mon âme en enfer.

Comme le disait Adrian Tan dans son message, l’espérance de vie est basée sur une moyenne et jamais, ô combien jamais, vous ne devez vous considérer comme une moyenne. Je n’ai rien contre la moyenne, mais personne ne devrait viser la moyenne. Revoyez vos attentes à la hausse et ne consommez surtout pas votre temps et votre énergie à répondre de la personne que les autres voient en vous. Soyez vous, juste vous et emmerdez le monde et ses problèmes.

Vivez votre vie dans l’insécurité et la passion 

Prenez des risques car dans tous les cas, souvenez-vous que la vie n’est qu’une gigantesque farce. Et ne croyez surtout pas que celles et ceux qui rentrent dans un moule qui ne leur correspond pas uniquement par sécurité seront mieux armés que vous pour affronter ce monstre dans lequel nous avançons. Adrian Tan continuait d’ailleurs sur ces notions :

Le plus important est de ne surtout pas travailler

Le travail consiste en quelque chose que l’on est obligé de faire. De par sa nature, le travail est indésirable.

Le travail tue. Les japonais ont un terme pour signifier la mort par overdose de travail, c’est le « karishi ». Une mort subite et brutale, et probablement la plus dramatique du genre. Mais le travail peut également vous emporter d’une façon plus subtile. Si vous travaillez, jour après jour, petit à petit, on vous vole votre âme et on vous la détruit jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Une pierre enterrée dans la terre et la poussière.

Il y a une idée reçue que le travail est nécessaire. Vous rencontrerez des personnes ayant des jobs misérables. Ils vous diront qu’ils font cela pour manger, pour survivre. C’est faux. Ils sont en train de mourir, gaspillant leur précieux temps de vie à faire une chose au mieux sans le moindre sens, au pire dangereuse et destructrice. 

(…)

Ne gaspillez pas la majeure partie de votre existence à faire une chose que vous détestez dans le but de passer les dernières années de votre vie dans un confort modeste. Vous n’atteindrez peut-être jamais ce stade de toute façon.

Résistez à la tentation de décrocher un job. À la place, amusez-vous. Trouvez quelque chose que vous aimez faire. Faites-le. Encore et encore. Vous deviendrez bon dans votre domaine pour deux raisons : vous aimez ce que vous faites et vous le faites régulièrement. 

(…)

Trouvez cette occupation qui vous donne de l’énergie, qui vous consomme et qui devient une obsession. Chaque jour, vous devez vous réveiller avec un enthousiasme sans pareil. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous travaillez. 

(…) À tous, j’ai également un second message pour vous : méfiez-vous de la vérité. (…) La vérité a cette grande capacité d’offenser et vous découvrirez que plus vous êtes proche d’une personne, plus vous devrez faire attention à déguiser voire à complètement occulter la vérité. Il y a souvent de grandes vertus à être évasif ou équivoque. C’est aussi la marque d’une grande habileté. N’importe quel enfant peut laisser échapper la vérité sans songer aux conséquences de ses paroles. Savoir apprécier le silence est un grand signe de maturité. 

Afin de pouvoir se méfier de la vérité, vous devez d’abord la connaître. Cela suppose une grande honnêteté envers vous-même. Ne jamais tromper votre propre personne. 

Je viens de vous dire que votre vie était terminée, que vous ne devez pas travailler et que vous devez éviter de dire la vérité. Maintenant j’aimerais vous dire d’être détestés. 

Ce n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Connaissez-vous quelqu’un qui vous déteste ? Pourtant, toutes les grandes figures de l’histoire de l’humanité ont été haïes, pas seulement par une seule personne, mais souvent par un grand nombre. Cette haine est parfois si forte qu’on a évité, maltraité, assassiné ou, pour reprendre un cas célèbre, cloué sur une croix ces personnalités. 

Pas besoin d’être mauvais pour être détesté. En fait c’est même souvent lorsqu’une personne essaie de faire le bien en suivant ses propres convictions qu’elle est détestée. C’est tellement plus facile d’être apprécié. Il suffit de ne pas avoir la moindre assurance et de se retrouver alors dans cette même moyenne dont nous parlions plus tôt. Ceci ne peut être votre rôle. Il y a un tas de mauvaises personnes en ce bas monde, et si vous ne faites rien pour vous élever contre elles, vous êtes alors certainement un peu mauvais vous aussi. La popularité est un signe concret que ne vous faites pas les choses correctement.

Le revers de la médaille pour vous sera d’aimer. 

Je n’ai pas dit « être aimés ». Cela suscite bien trop de compromis. Si vous changez votre look, votre personnalité et vos valeurs, vous pourrez être aimés par n’importe qui.

Au contraire, je vous parle d’aimer une autre personne. Cela peut vous paraître étrange comme parole. Vous vous attendez sûrement à ce que cela arrive naturellement, sans délibération. C’est faux. Notre société est contre l’amour. Nous avons pris un microscope pour mettre en lumière les défauts et les insuffisances de chacun d’entre nous. C’est tellement plus facile de trouver à ne pas aimer que le contraire. Le rejet ne nécessite qu’une seule raison alors que l’amour implique l’acceptation d’un tout. C’est un travail de longue haleine – le seul travail que je considère agréable. 

(…) Vous découvrirez alors lorsque vous aimerez quelqu’un que le visage est moins important que la tête, et le corps moins que le cœur.

Vous comprendrez aussi que ce n’est pas une tragédie si cet amour n’est nullement réciproque. Vous n’aimez pas pour être aimés en retour. Sa grande valeur est de vous inspirer.

Enfin, vous découvrirez qu’il n’y a pas de juste milieu lorsque l’on en vient à aimer une personne. Soit vous n’aimez pas, soit vous aimez, alors jusqu’au plus profond de chacune des cellules de votre corps, sans réserve ni excuse. Il vous dévore et vous fait renaître, pour le meilleur.

Don’t work. Avoid telling the truth. Be hated. Love someone. 

J’ai trouvé un sens à ma vie grâce aux voyages.

Aujourd’hui, je suis heureux et j’en prends conscience chaque matin. J’emmerde ce monde que l’on nous présente au journal de 20 heures et je pars à la rencontre de cet autre monde, celui dans lequel je vis et qui est peuplé de belles rencontres.

Je ne vous demande pas de partir faire le tour du monde du jour au lendemain. Nous ne sommes pas tous animés par les mêmes passions. Je vous conseille simplement de trouver l’essence alimentant la flamme qui vous gardera en vie jusqu’au bout. Faites un travail qui vous ressemble, vivez vos passions. Si vous avez un rêve, ne vous cachez pas derrière des fausses excuses de manque de moyens ou de compétences. Ce ne sont que des #FirstWorldProblems. À l’inverse d’autres, nous sommes assez chanceux pour vivre dans un pays où toute personne en bonne santé peut parvenir à ses fins, quels que soient ses origines ou son milieu social, n’en déplaise à certains. Pour vous, pour eux, pour moi, la route sera peut-être moins bien goudronnée que pour d’autres, mais si vous êtes bons, si vous visez autre chose que la moyenne, alors votre destin vous appartiendra à vous et à vous uniquement.

Emmerdez cette vie qui n’est pas la vôtre et cassez-vous vers la vie que vous aurez choisie. Ne regrettez pas.

PS : C’est bien moi sur la photo et c’est bien mon T-shirt, je sais il est vraiment cool 😉

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A propos de l'auteur

Breton d'origine, je pars étudier dans le grand nord en Finlande en 2011. C'est le déclic. Plus que le simple voyage, j'aime poser mes valises dans une contrée lointaine et partager la vie des locaux. Grèce, Nouvelle-Zélande, Cambodge et désormais les USA, la vie d'expatrié n'a jamais été aussi excitante. Je garde une trace de ces tranches de vie à travers ce blog et je partage photos, vidéos, infos & conseils pour celui qui souhaite se lancer dans l'aventure ou tout simplement s'évader quelques instants.

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32 Réponses

  1. Mike

    Cela n’est pas pour faire le fayot, mais c’est de très loin l’article qui m’a le plus plu cette année. Un constat navrant mais souvent réel. La vie mérite d’être vécu et non subit. Evidemment que tout le monde n’est pas capable de se barrer du jour au lendemain, mais ont ils ne serait ce que penser à ce que pourrais être leur vie si ils suivaient leur intuition plutôt que se vautrer dans un certaine sécurité de vie. Le manque d’initiative peut nous être fatal. Combien d’entres nous subissent leur vie, de peur de se louper. Néanmoins, l’avis de tous doit être respecter, le problème étant qu’en général le jugement se veux unilatéral. Tel est ma vision :)

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    • Tugdual PAUL

      Tout à fait !! Après il peut arriver à des périodes d’une vie de devoir faire quelque chose qui ne nous plaisent pas si et seulement si cette activité est motivée par une autre ou par des projets futurs. Se saigner au travaille un temps pour avoir quelque chose à la fin ou pour prendre soin de ceux qu’on aime oui. S’ennuyer au quotidien pour survivre et parce-qu’il n’y a rien d’autre à faire, jamais. Comme je le disais, il y a toujours des chemins parallèles, plus ou moins bien goudronées, mais il est très facile de se perdre en route ! Merci Mike 😉

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  2. Fabrice

    Aujourd’hui, le coup de gueule de Tug ! Un peu trop catégorique sur certains points à mon goût, mais plutôt très d’accord (si si) avec le message dans son ensemble : avoir le choix est une chance, ne pas en profiter relève de la responsabilité (de l’irresponsabilité ?) de chacun. Et en effet, très sympa ton T-shirt 😉

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    • Tugdual PAUL

      Oui parfois un peut trop direct et catégorique, c’est la jeunesse qui parle… Tu sais on dit que la sagesse est une vertue qui vient avec l’âge 😉

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  3. celine

    Goodbye France and french in september 2014 !
    je ne relaie pas ton article parce qu’il est incompréhensible par le non-voyageur, à mon gout… mais loin d’être en dehors de la réalité.
    >Et je souhaite sincèrement que nos routes de voyageur se croisent.

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  4. Guillaume

    Très belle article,merci.Mais ça m’amène à quelques interrogations…
    Pour résumer, tu conseilles quoi? De vivre de ses passions sans travailler,ou de faire de sa passion son travail? Et de bouger,voyager en même temps ou simplement s’expatrier et vivre dans un autre pays? Ou tout simplement ne pas suivre les chemins tracés qu’on nous inculque dans cette société dès la naissance et de faire se que l’on a envie? Je comprends où tu veux en venir mais ça reste encore quelque peu abstrait pour moi…Qu’est ce que tu aimes dans ta situation? Qu’est ce qui te permet d’être heureux aujourd’hui alors que tu ne l’aurais peut-être pas été en France?
    Je suis désolé, je sais pas si mon message est très clair… 😉

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    • Tugdual PAUL

      Bonjour Guillaume,

      Merci pour ton intervention.
      Tu approches ton doigt du bon bouton lorsque tu parles de ne pas suivre de chemin tracé. En fait, il faut juste ne pas suivre les chemins tracés pour toi par d’autres, aussi bien implicitement qu’explicitement. Ce que j’essaie de transmettre, c’est surtout de suivre ton propre chemin, quel qu’il soit. Il peut tout à fait être classique, rien de mal à ça, du moment qu’il te corresponde. Médecins, profs et j’en passe, sont des métiers normaux exercés par des gens passionnés qui rentrent tout à fait dans le moule. Moi-même, j’ai un métier normal et je rentre dans la société classique, ma vie est tout à fait banale, à l’exception près que j’habite en dehors de mon pays natal, mais rien de bien fou, soyons honnête.

      Il faut juste savoir rentrer dans le BON moule et avoir le cran de changer si l’on s’est trompé, ou si notre situation ne nous convient plus.
      On évolue, et ce qu’on aime aujourd’hui ne nous intéressera peut-être plus autant demain. Alors il faut changer. S’adapter et ne pas avoir peur de tourner la page. Mais c’est dur de renoncer à sa vie actuelle et à son confort pour lui donner une nouvelle direction.

      Pour terminer de répondre à ta question, dans ma situation, j’aime avoir le contrôle de ma vie. J’aime pouvoir me dire que demain, si je ne suis plus satisfait dans mon quotidien, je suis capable de poser ma démission pour faire autre chose et qu’aucune mauvaise situation économique et autres statistiques de chômage ne me feront peur. Pourquoi avoir peur d’une situation instable alors même que votre situation quotidienne est devenue très instable et vous mine le moral ?

      Et cela n’a rien à voir avec mon lieu de vie. Cet article se trouve sur un blog voyage car c’est ma principal thématique et car c’est ma passion. Mais je pourrai être tout aussi heureux en France, à condition que je fasse quelque chose qui me plaise dans un environnement qui me plaise. Être heureux et accompli ou ne pas l’être c’est aussi simple que ça. Et en France, nous avons toutes les cartes en main pour réussir, certains auront des as et des rois alors que d’autres n’auront que des 2 et des 3, mais au moins nous avons presque tous des cartes.

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      • Guillaume

        Merci Paul pour ta réponse éclairante ! 😉
        Je suis entièrement d’accord avec toi…Je pense que les 3/4 des gens s’auto-enferment dans une vie quils n’ont pas forcement totalement choisie…et ne préfèrent rester plus ou moins consciemment dans leur zone de confort par peur de la différence, de l’inconnue etc. Tout ceci, à mon humble avis et très résumé, est la faute à cette illusoire prison « dorée » à laquelle on nous « abonne » dès la naissance…bref.
        Je me fais l’avocat du diable car moi-même, je me pose des questions sur ma propre vie ; j’ai plus ou moins pas mal voyagé récemment, et étant graphiste indépendant (mon taf, ma passion) l’envie de sauter de base en base pour travailler tout en découvrant de nouveaux pays et cultures me titille légèrement ! Mais ayant moi-même ma carte d’adhérent depuis ma naissance à cette apparente « normalité sociétale » (faire des études, avoir une femme, des enfants, une maison, un chien, travailler, attendre la retraite pour voyager etc.), je suis tiraillé et ai peur plus ou moins consciemment de m’éloigner de ma zone de confort ; peur de perdre mes clients, de ne pas en trouver de nouveau, de perdre mon confort et ne pas pouvoir le retrouver après si ça se passe mal etc. etc.
        Bref…la vie est courte, une bonne dose de lâcher prise est à prescrire pour tout à chacun !

  5. Anne-Sophie Travel-Holic

    Ne serais tu pas un brin philosophe en plus d’être photographe?!
    En tout cas j’aurais aimé pouvoir soutenir que tu as tort, mais c’est impossible! J’ai l’impression que plus le temps passe et plus les gens font un point sur leur vie et, malheureusement, se rendent compte qu’ils veulent autre chose! C’est d’ailleurs un peu notre cas! Encore faut-il identifier ce qu’on veut vraiment, et comment y arriver…

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Tu devrais aller dire ça à mon ancien lycée ça ferait bien rire certains de mes profs !! Et oui, le plus dure est encore de trouver sa voie ! Bon courage 😉

      Répondre
  6. Anonyme

    J’ai adoré ton article, il fait énormément réflchire et je trouve que tu as raison sur plusieurs points, et c’est ça qui fait peur ! :-)
    Le discour de Adrian Tan est aussi hyper intéressant, je regarde ton blog sur mon lieu de travail. Est-ce un signe? lol
    En tout cas je viens de découvrir ton blog et je vais être un fidèle lecteur 😉

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Merci à toi !
      Lire des blogs depuis le bureau est une pratique courante rassure-toi, même pour ceux qui aiment leurs jobs !!
      Au plaisir de te voir de nouveau prendre la parole donc 😉

      Répondre
  7. Romain

    Waouw, une vraie claque !
    Tu as décris notre société, un troupeau.
    Nous sommes des moutons qui suivons le chemin qui nous est tracé ; et il en faut une bonne dose de courage pour dire stop.
    Dire stop et dévier ; dévier mais dans le bon sens.
    Choisir son chemin, sa route, sa vie, sans s’encombrer des normes sociales qu’ils nous faudrait respecter.

    Et avec ce film d’horreur quotidien qui nous décris un monde cruel, ignoble ; nous nous complaisons dans notre vie de moutons, nous disant que partir serait un suicide.

    Oui un suicide peut-être, mais plutôt un suicide social, refusant cette vie soi-disant écrite.

    Répondre
  8. Kinine

    Bonjour Paul,
    Ca pète la classe ton article dis donc, éclatant de vérité et c’est exactement ce que je ressens… à 50 ans…………
    Après avoir travaillé de (trop) longues années en customer services à l’export pour élever seule et sans pension alimentaire ni famille mon fils qui a maintenant 24 ans, je me suis mise à mon compte dans des activités indépendantes qui m’ont comblée mais dans une région que je détestais… Puis retour à mes roots : la Corse – pour un nouveau départ – qui fut en fait un faux départ : au bout d’un an j’ai perdu travail et logement. A 50 ans je me suis retrouvée avec une Clio de 1995 et un chat…… je me suis dit, en tant que fille de pêcheur professionnel fauché, que mon karma était décidément le dénuement… ^^
    En rupture de ban avec la vie, je me suis octroyée de réaliser un rêve immense : je suis partie pour la 1ère fois de ma vie en Asie, un mois seule l’été dernier au Cambodge <3 Puis il a fallu rentrer et me recréer une vie – qui ne me donne pas satisfaction… :(
    Après avoir envisagé de me remettre à mon compte, j'ai réalisé que je n'avais pas envie de me mettre un nouveau boulet au pied et ai donc décidé de faire la saison pour pouvoir re-voyager après. Mais wallouh !!! Je n'aurai jamais assez de thunes pour le faire……….
    Bref ! Moralité : je me sens inapte à la vie sociale (faut me réformer P6 mon capitaine ^^), j'ai assuré pour mon fils mais les conventions sociales me cassent les c**** que je n'ai pas, je suis trop franche et trop directe – on me l'a toujours dit… :( – j'ai les mêmes révoltes qu'à 17 ans, je suis anarchiste, rebelle, hippie, baba-cool, non-conventionnelle et si je me suis (beaucoup) calmée il y a des bases inamovibles…
    Ton article est hyper motivant pour emmerder tout le monde et se casser :) mais je crains d'être trop vieille (ahahah), que faire de mon chat, suis-je prête à tout lâcher, mes amis et mon fils ne me manqueront-ils pas trop si je largue tout, comment subvenir à mes besoins ?…
    Mais ce qui est sûr c'est que je n'ai pas envie de me faire ch*** en attendant que la Faucheuse vienne me chercher, je veux VIVRE et non SURVIVRE sinon à quoi ça sert ?…
    Je réfléchis, je lis des blogs et des récits, je me renseigne pour travailler en voyageant (je parle couramment anglais et italien, je peux enseigner le français et écris convenablement), je cherche… une issue de secours…. à cette vie que je trouve étouffante………..
    Bien sûr la Corse est unique magique et magnifique et, venant de la retrouver, j'ai peur de la perdre…. mais j'ai aussi besoin d'autre chose, d'un mode de vie alternatif, de vivre dans un camion ou une caravane, de ne pas bosser ou bien faire de ma passion mon travail, comme dirait l'autre…
    Merci si tu as pris la peine de me lire jusqu'au bout :)
    Je continue à m'interroger………..

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Hello Kinine, je ne sais pas où tu en es aujourd’hui et je n’ai pas de réponse à te donner, mais le fait de s’interroger c’est probablement le plus important. Tu reste ainsi maître de ton destin quoi qu’il arrive. La vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille et tu dois le savoir mieux que moi avec ton expérience plus avancée. Il y a des choix à faire, des compromis, mais à partir du moment où l’on garde l’objectif de se rapprocher le plus possible du « bonheur », alors on est sur la bonne voie je pense. Je te souhaite de trouver la bonne direction pour vivre et non survivre :) bonne continuation et plein de bonnes choses pour la suite je l’espère !

      Répondre
  9. Eric

    Salut, c’est vraiment un super article, c’est le genre de choses auxquelles je pense tout le temps! J’ai 22 ans, je n’ai jamais eu de projet professionnel et depuis le bac en 2010, je « survis » justement en me lançant dans des formations uniquement choisies par un test d’orientation, pour ne pas passer pour le « fainéant » de service et j’ai été très déçu des dernières années.
    Quand j’y repense, mon projet dès le départ, c’est découvrir! Des paysages, des gens, des goûts, les rares voyages que j’ai fait sont mes meilleurs souvenirs donc c’est décidé, je pars!
    PVT en Australie ou service civique international, j’hésite encore de peur d’être complètement perdu dans le premier cas, comme je ne suis jamais parti de chez mes parents plus de 4 jours^^
    Des conseils pour un mec qui n’est jamais sorti de son trou et qui veut se rattraper? ^^

    Répondre
    • Tugdual PAUL

      Salut Eric, super que tu es décidé de prendre ta vie en main ! Je pense néanmoins qu’en plus de la simple envie de « découvrir », il faille avant tout se donner une direction, un réel projet.

      L’idée derrière cet article, ce n’est pas de trouver le voyage comme une finalité, mais d’utiliser les voyages pour tendre vers une vie dans laquelle on se sent épanoui. Et là où l’article prend tout son sens, c’est que « la voyage » n’est qu’une variable, qui pourrait être remplacée par n’importe quoi, selon les propres aspirations de chacun. Dans mon cas les voyages à l’heure actuelle me permette de m’épanouir : je me suis expatrié, j’ai travaillé dans le secteur du tourisme, je rédige un blog voyage, je fais des photos de voyage, etc. mais cela fonctionne sur le long terme uniquement car j’ai des projets autour de ces voyages et que ces derniers ne représentent aucune finalité quelle qu’elle soit.

      Dans ton cas effectivement tu peux partir faire un PVT, mais pose toi cette question à chaque instant : pour y faire quoi ? Et là, il n’y a que toi qui puisse répondre à cette question. Mais en aucun cas, tu ne dois utiliser cette expérience comme une bulle face à ta situation actuelle, si à ton retour cette situation, qui ne te convient pas, n’a pas évoluée.

      Donc part, va faire quelque chose qui te plait, mais donne un sens à cette expérience : tu souhaites peut-être simplement voyager quelques mois avant de commencer une carrière professionnelle et il n’y a aucun mal à cela si tu en a l’opportunité, ou peut-être veux-tu progresser en anglais, prendre ton indépendance, commencer à travailler à l’étranger, t’installer dans un autre pays et te confronter à la réalité de l’expatriation, devenir travailleur nomade, lancer une activité professionnelle, exercer une passion, suivre un rêve de gosse, bref les réponses sont infinies et il n’y a que toi qui puisse donner un sens à cette expérience. Une fois que tu auras trouvé cette direction, tu n’auras plus besoin d’aucun conseil pour « sortir de ton trou », tu sauras tout mettre en oeuvre toi-même pour y arriver, malgré les inquiétudes et le manque de moyen. Bonne chance :)

      Répondre
      • Eric

        Je réécris mon commentaire, je suis pas sur que le premier ait été publié…
        En fait il y a plusieurs raisons pour ce voyage, j’avoue qu’il y a une part de fuite, mais surtout une soif de découverte énorme, je suis curieux de tout depuis toujours, et j’ai toujours été fasciné par l’aventure, les grands espaces et le voyage en général. Et si je peux faire quelque chose de vraiment utile plutôt que d’engraisser un patron, c’est tout bon!
        Le comble est que j’ai grandi dans un vrai cocon. Alors a 17 ans quand on me demande ce que je veux faire en en sortant c’est pas simple, j’ai envie de dire « laisse moi voire ce qu’il y a dehors avant »
        Ca devrait donc me permettre de réfléchir sans la pression du genre « faut que j’ai quelque chose à la rentrée »
        Je suis conscient d’en attendre peut-être beaucoup du voyage, mais c’est le seul projet que j’ai jamais eu, malgré avoir cherché pendant des années quelque chose de plus « raisonnable »
        Carrosserie, informatique, j’ai essayé pas mal de choses auxquelles je croyais me passionner et chaque fois je me lassais en quelques mois, passé le temps de la découverte.
        Chaque fois revient la même envie, le même rêve, et maintenant à un point où j’ai du mal à m’endormir tellement j’y pense et j’y réfléchis.
        Je me rends compte que c’est le seul projet que j’ai jamais eu, que j’ai les économies pour le réaliser, pas de maison à moi, pas de boulot ni de petite amie, bref, rien à perdre à ma lancer, alors j’ai envie de foncer! 😉

        Pour finir je dirais merci d’avoir pris le temps de lire et de répondre à mon commentaire 😀

  10. Eric

    Pour sortir tranquillement de ma zone de confort, j attends confirmation pour mon départ, 3 semaines au Sénégal 😀

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  11. yuyazz

    Bonjour je me permets de poster également un commentaire ici, suite à la lecture d’une phrase ‘rejetant la société qui l’a vu grandir, lui a donné une éducation et les clés pour lui permettre de réussir une vie qu’il a choisie’…m’est avis, et t’en discutera avec ds bouddhistes à l’occasion de tes voyages, ou non d’ailleurs, mais on ne choisit pas ce qu’on « veut », ta vie tu ne l’as aucunement choisie me semble t il, a moins que tu ne soies un extraterrestre…desolé d’etre rabat joie, comme à mon habitude, n’aimant pas trop le genre humain…croire au libre arbitre c’est nier sa part d’animal, c’est voir la vie que d’un point de vue, c’est il me semble, nier le conditionnement qui pourtant fait ce que tu es, sans même que tu ne le saches..désolé encore, mais croire qu’on réussit seul dans la vie, c’est du meme ordre..On n’est rien seul, et on ne choisit rien en réalité..tu as la liberté d’un rat en cage (Spinoza) comme tous les etres vivants et toute chose dans cette vie.J’apprecie néanmoins ta volonté de partage,..lors qu’on regarde vers l’avenir on parle d’hasard, lorsque ‘on voit les choses d’un point de vue retrospectif, on se rend compte que tout était prévisible..c’est le paradoxe humain, et toute chose est paradoxe, le paradoxe est le juste milieu, il est l’équilibre..
    en disant « la vie que j’ai choisie », on prétend dépasser ce paradoxe à la base duquel sont nées toutes les choses de la vie.. non??

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    • Tugdual PAUL

      Hello Yuyazz et bienvenue par ici. Tu fais bien de te « permettre » de commenter, on est sur un espace d’échange et c’est toujours très agréable d’avoir le point de vue d’autres personnes.

      Cette réflexion que tu apportes est probablement beaucoup plus profonde que l’idée au final assez simpliste de cet article. La société, le conditionnement, notre genre et notre temps auront toujours une influence sur nous, c’est sûr. Mais à un niveau très primaire, on reste je pense quand même libre de ses choix. Quand je dis « la vie qu’il a choisie », c’est quand même moi à la source qui est décidé que le voyage serait une grande partie de ma vie, même si j’ai été influencé par des causes externes. Je l’ai fait car je pensais que je serai plus heureux ainsi que si j’avais suivi le chemin tout tracé qui m’attendait « logiquement » à la sortie de mes études. C’est là où je parle de choix, j’ai pris l’option A au lieux de l’option B, mais j’aurais tout aussi bien pu prendre l’option B. Cela dit, mon choix a surement été influencé par des choses de la vie et là d’accord il y a des paramètres externes.
      Est-ce que je réponds un peu à la question ou suis-je passé à côté ? N’hésites pas à continuer à partager ton point de vue, ça m’intéresse :) Merci !

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  12. christelle

    Ecoute tu es venu faire un tour sur mon blog, et ça m’a permis de te découvrir. Pour ça merci, parce que, putain, tu écris bien. Tu viens de me remuer les tripes là.
    Tu as une + 1

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  13. Laure

    Je tombe sur cet article avec un tantinet de retard mais il n’est jamais trop tard pour commenter, surtout aujourd’hui. J’ai lu juste avant ton article sur les tragiques événements du week-end et je trouve que cet article sur la façon dont on devrait prendre sa vie en main y fait écho d’une certaine façon. Cest dans ces temps tragiques que je me dis qu’il est plus que nécessaire de se poser et de réfléchir à la vie que l’on mene et à celle que l’on voudrait mener. Je n’ai jamais été plus certaine qu’aujourd’hui que je fais bien de me barrer et de vivre mon rêve. Après la fin des études, de nombreux questionnements m’ont envahi et inexorablement j’en revenais au même constat : j’ai besoin de partir. Je n’envie pas mon entourage qui galère à chercher un travail, à se faire une situation et à débuter une carrière. La philosophie générale de ton article correspond totalement à celle que j’ai décidé de suivre depuis quelques temps déjà : le plus important est d’être en accord avec soi même, d’être honnête, d’accepter de se casser la gueule pour vivre ses rêves. Et profondément j’en suis persuadée, les portes de nos rêves s’ouvriront sans problème si l’on sait s’écouter.

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  14. lesworldtrotteurs

    Excellent article qui nous a franchement bien faire rire et qui nous conforte dans notre idée de nous expatrier afin de vivre une vie qui nous correspond et non plus de subir ! Sympa aussi de voir que des gens partagent notre point de vue ; ce n’est pas si fréquent !

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